[Interview] « Je suis végétarien et je me porte bien ! »

Je suis végétarien … je me porte très bien et j’agis pour la planète !

Bonjour Mathieu. Pourriez-vous nous expliquer votre parcours ?

« Voilà désormais 7 ans que j’ai changé mon régime alimentaire. J’ai 36 ans, et mène une vie bien remplie et dynamique. Ancien carnivore “acharné” si je peux dire, j’étais malheureux quand il n’y avait pas de viande dans mon assiette. A la suite d’une banale intoxication alimentaire, qui s’est répétée dans le temps, j’ai mis du temps à comprendre que je ne tolérais plus la viande rouge, qui venait pourtant d’un excellent boucher au coin de ma rue. Alors j’ai concentré mon alimentation sur des viandes blanches uniquement ainsi que du poisson, pour varier. Mais le malaise digestif demeure. Je prends alors le parti de stopper définitivement ma consommation de viande. Désormais ça ne sera que du poisson. Mais, au bout de six mois, plus possible d’en avaler, les plats devenant trop répétitifs. Overdose. »

C’est là que vous avez pris la décision de devenir végétarien ?

« Je décide d’investir quelques euros dans un petit livre de cuisine végétarienne (nota : Garance Leureux – Ma cuisine végétarienne pour tous les jours, éditions La plage). L’idée étant de pouvoir manger équilibré, tous les jours sans trop me compliquer la vie d’une part et de résoudre mon principal souci qui était de savoir si je risquais une quelconque carence en protéines. Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que le mode alimentaire végétarien ne se réduit pas à manger quelques légumes bouillis continuellement, et que de ne plus manger de chaire animale n’enlève pas du tout les protéines dont nous avons besoin si l’on sait les remplacer au contraire astucieusement. Savez vous que le soja contient 37% de protéines, le fromage environ 30%, les légumineuses entre 21 et 24%, les pistaches et les noix environ 20% et que le boeuf n’en contient que 17% (le poisson environ 18%). Le mythe “manger de la viande pour être fort” tombe de lui même. »

La santé avant tout donc ?

« Personnellement, je ne regrette en rien ce choix, la digestion des aliments s’en fait plus facilement. Et puis, je ne m’intoxique plus avec les vaccins, ni les résidus de farines animales et hormones de croissance en tous genres contenus dans les viandes et poissons. Je suis en pleine forme et ne manque de rien. J’ai même pris quelques kilos. »

Ce fut aussi dans le cadre d’une démarche éco-citoyenne, c’est bien ça ?

« Après, on peut voir plus loin, si l’on rentre dans une démarche “éco-logique”. Le bétail mondial ne consomme pas que l’herbe des prés. Il est gavé de 700 millions de tonnes de céréales, alors que 800 millions de personnes souffrent encore de la faim. Or, si chacun devenait végétarien, la Terre pourrait facilement nourrir 15 milliards de terriens. Au contraire, si chacun voulait adopter une alimentation carnée « à la française », il faudrait doubler la superficie de notre planète pour pouvoir y héberger tous les animaux d’élevage nécessaires et les cultures pour les nourrir ! »

Cela parait énorme ! Vous avez des chiffres ?

« A l’orée du XXI° siècle, plus de 20 milliards d’animaux d’élevage forment le cheptel mondial. Au rythme de croissance actuel, ils devraient être 36 milliards au milieu du siècle… Des dizaines de millions de tonnes de méthane sont produites par les ruminants, un gaz 20 fois plus efficace que le C02 pour piéger la chaleur… vous avez entendu parler d’« effet de serre » ?. La déforestation de pays en développement est aussi une conséquence de la consommation de viande (au moins 1/3 des forêts tropicales du Brésil ont été détruites au bénéfice de l’expansion du bétail). De même que la pollution des nappes phréatiques, ou comme en Bretagne, plus de 200000 tonnes de nitrates sont rejetées chaque année par les élevages et créent les algues vertes qui envahissent tout le littoral. Et l’on pourrait continuer longtemps. Dire encore que la production d’1 kg de viande de boeuf nécessite au moins 20000 litres d’eau – certaines estimations allant jusqu’à 100000 litres – alors qu’il en faut 2000 pour 1 kg de soja, etc., etc. »

Et niveau ‘financier’ ? Est-ce que votre budget nourriture a beaucoup augmenté ?

« Au prix des produits carnés – et de leur piètre qualité de plus en plus remarquée – les économies réalisées sont conséquentes. Vous pouvez donc réinvestir en qualité dans des produits bio ou dans les marchés locaux ! »

Merci beaucoup Mathieu Werth d’avoir répondu à nos questions.

Si vous êtes intéressé par sa démarche et son parcours, retrouvez-le sur sa page Facebook.

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7 réflexions au sujet de « [Interview] « Je suis végétarien et je me porte bien ! » »

    • Bonjour Stéphane,
      Mathieu parle du plaisir de manger de la viande tout au début (« Ancien carnivore ‘acharné’ si je peux dire, j’étais malheureux quand il n’y avait pas de viande dans mon assiette. »)… ce qui change justement des témoignages où cet aspect ‘regrets’ n’est jamais évoqué.

  1. Merci beaucoup pour cette superbe interview!! Moi qui pensais devenir végétarienne… les arguments de Mathieu m’ont convaincus!! Vous auriez peut-être des adresses à me conseiller pour consommer végétarien et bio?

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