Neuf mois 100% Made in France

Benjamin Carle avant et après son souhait de consommer 100% français.
Benjamin carle passe 9 mois 100% Made in France
Par Manon Laplace publié le
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De l’artisanat local aux grandes marques nationales, la thématique du Made in Fance, fer de lance de la politique d’Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif, fait de plus en plus parler d’elle.

Pour comprendre cette tendance, et en tester les limites, le français Benjamin Carle, réalisateur de 25 ans, s’est lancé dans une expérience inédite en adoptant un quotidien 100% Made in France. "Ok. Sur le principe, ça peut paraître débile : pourquoi essayer de vivre en ne consommant que des produits, des biens, élevés, fabriqués, construits en France ?".

Le défi? Vivre uniquement avec des biens au label tricolore pendant neuf mois. Des produits de tous les jours aux murs de son appartement en passant par ses meubles, ses vêtements ou son vélo, le jeune homme n’a gardé que l'estampillé “fabriqué en France”, quitte à renoncer à certaines habitudes. Jusqu'au-boutiste, il a même résolu de ne plus se divertir qu’à coup de musique et de cinéma français.

Cette aventure, dans laquelle il s’est lancé en juin 2013 est suivie et sera diffusée par Canal+,  au terme de l’expérience, en mars prochain. En attendant, le journaliste raconte ses tribulations bleu-blanc-rouge sur le site Canal +, son tumblr Vis ma vie Made in France et son compte twitter @BenMadeinFrance, seuls outils non hexagonaux que Benjamin s’autorise encore à utiliser.

Mais bannir les produits étrangers nécessite une bonne dose d'abnégation, et de patience. Pour les courses, Benjamin va désormais passer tout son temps le nez dans les indications sur le traçage des produits, "Les courses au supermarché vont être interminables. Je vais éplucher les étiquettes, traquer les AOC" confie-t-il. A 25 ans, pas question de renoncer à son style, mais là encore si la recherche n'est pas simple, l'intéressé s'en sort bien "on trouve des peignoirs mais le bon tee-shirt simple, ça c'est autre chose. J'ai déniché une entreprise familiale bordelaise qui produit à Roubaix l'un des derniers jeans français. J'ai aussi un haut, Mon Petit Polo français, je suis sauvé."

"Existe-t-il un équivalent français à tous les produits que l'on trouve chez soi? Peut-on sauver des emplois près de chez soi en préférant l'industrie hexagonale? Et jusqu'où nous mène la logique?". A travers les questions qu'il pose, Benjamin cherche avant tout à mettre en avant la triste réalité de l’industrie française, à l’heure où le pays connaît des records de fermetures d’usines, 266 recensées l’an dernier, et où l’emploi en France se porte mal. Plus que pour rompre avec le “consommateur apatride”, comme il se qualifie, il revendique une volonté d’exposer le plus possible l’emprunte emploi de la consommation. 

Car si 77% des consommateurs estiment que le label Made in France est un gage de qualité suffisant pour justifier un prix plus élevé, le marché français souffre d’une concurrence déloyale, principalement venue d’Asie, et les délocalisations ne cessent de se multiplier.  

En 2011, un jeune strasbourgeois de 26 ans s'était lancé un pari tout aussi osé, celui de ne pas consommer d'huile de palme pendant un an. Découvrez le récit de son expérience sur le blog de Bio à la une.

Rédaction: Manon Laplace


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