Acheter des produits bio 2 fois moins cher dans un magasin collaboratif

présentation de la louve coopérative
Acheter des produits bio 2 fois moins cher dans un magasin collaboratif
Par bioalaune publié le
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La Louve est un supermarché collaboratif qui ouvrira ses portes à Paris. Le concept : 3 heures de participation mensuelle pour devenir membre et acheter des produits bio, locaux ou de terroir deux fois moins chers que leurs équivalents industriels vendus en grandes surfaces.

Proposer un supermarché collaboratif rempli de produits de grande qualité vendus à bas prix, voilà l’idée de Brian Horihan et Tom Boothe. Le concept coopératif, inspiré de la Park Slope Food Coop de Brooklyn, se veut être une alternative au système de distribution classique.

Un magasin nouvelle génération

La louve, c’est ce groupe de personnes réuni autour d’un projet et souhaitant créer un lieu reflétant un idéal en matière d’alimentation, d’agriculture et de commerce. Le but est de réduire significativement le prix des produits bio, locaux, artisanaux et du terroir, c'est-à-dire tous ces excellents produits qu’on critique trop souvent pour leurs prix élevés. Plusieurs volontés fortes dans un même projet :

  • acheter des produits issus d’une agriculture pérenne qui respecte les sols, l’eau et le vivant
  • rémunérer correctement les personnes qui cultivent et transforment nos aliments
  • vendre à prix bas, afin de permettre à tous l’accès aux produits de qualité
  • créer un supermarché à but non-lucratif : ni actionnaires ni course au profit
  • une coopérative : lieu d’échange et de partage

À Paris, le projet a commencé au printemps 2011. Depuis, l’idée prend forme, la meute s'agrandit, la campagne de financement participatif s’organise sur KissKissBankBank, le site web se construit, etc. Le magasin La Louve ouvrira ses portes début 2015 dans le 18e arrondissement. Ce supermarché collaboratif de 60m² est déjà soutenu par la marie de Paris et celle du 18e.

La Louve s’efforce de proposer à ses membres une alimentation de qualité à prix réduit, en donnant la priorité aux producteurs locaux, aux circuits courts et aux produits biologiques et de saison. Garantissant l'excellence des produits sélectionnés grâce à une exigence gustative, nutritionnelle et sanitaire élevée, elle promeut le développement d’une agriculture à la fois favorable aux paysans et respectueuse de l'environnement.

Chaque personne qui fait ses courses y travaille trois heures par mois. Caisse, nettoyage, administration, au final le coup de la main d’oeuvre est réduit de 75%. Ces économies sont partagés entre les membres qui peuvent acheter de bons produits et rémunérer de façon descente les producteurs.

Une coop' déjà en place à New York

Ce type de magasin ne sort pas de l’imagination d’un grand rêveur. Un magasin collaboratif existe déjà à New-York, dans le quartier de Brooklyn, et compte 16.000 membres. Des membres qui gère un supermarché de 1000 m² et achètent leurs produits bio et locaux moins cher que leurs équivalents industriels vendus en grandes surfaces. L’esprit des coopératives de consommation vient de la capitale américaine qui possédait une douzaine de magasin de ce type à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle.

Brian Horihan et Tom Boothe, les deux initiateurs du projet d’origine américaine, estiment que les magasins bio, les réseaux d’AMAP ou autre Ruches sont d’excellentes initiatives qui, hélas, ne sont pas accessibles à tous. Tom explique que selon lui, la sauvegarde de l’environnement ne peut se faire sans la conservation des traditions et de l’héritage culinaire, surtout dans un pays comme la France où la gastronomie est une fierté nationale. Il ajoute : “ce n’est pas gai et cela donne beaucoup de signaux aux anciens hippies. C’est plus pour le bien-être et l’environnement (que les Français consomment bio - ndlr). Alors qu’aux Etats-Unis ce monde du bio est plus mélangé avec le monde gourmet ou gourmand.

Des valeurs humaines, des euros économisés

Tom Boothe pense que cet innovant modèle de consommation va apporter une nouvelle dynamique aux courses. Le mot coorpérateur va remplacer celui de consommateur. Les clients et les dirigeants se mélangeront. En effet, chaque membre participe au choix des produits vendus dans l’espace collaboratif et à la gouvernance de l’établissement. Des sondages et des questionnaires seront fait pour connaître, avec le plus de précision possible, les habitudes alimentaires des membres, afin de trouver les meilleurs produits et satisfaire l’ensemble du groupe. Tous les produits ne seront pas nécessairement biologiques, mais ils seront très bon et auront du goût.

Tom est fier de préciser : “les coopérateurs économiseront un centaine d’euros par mois, tout en faisant de nouvelles rencontres. De plus, on n’a jamais l’impression de “travailler” au sens le plus entendu du terme. Un fois habitué, il sera difficile de faire ses courses ailleurs.

Les pieds sur terre, l’équipe avoue que le projet a encore besoin de temps pour voir le jour. Alors que le magasin n’est pas encore ouvert, “il devient difficile de trouver des choses à faire pour le tas de gens qui souhaitent participer à la création de ce supermarché. Cette envie de prendre l’initiative et d’essayer de construite sa propre initiative est exactement l’esprit que nous recherchons, mais nous espérons que les gens comprennent que leur intégration dans le projet peut prendre un moment pour qu’on puisse les accueillir dans les meilleurs conditions.

Plus d’informations sur la lettre d’information aux membres, consultable ici.

 

La Louve coopérative expliquée avec un humour anglais

Reportage dans la coopérative alimentaire de Park Slope aux Etats-Unis

Rédaction : Mathieu Doutreligne

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