Chine : des paysans pollinisent à la main car les abeilles ont disparu

Paysans chinois en train de polliniser les fleurs manuellement
Là où les abeilles ont disparu, les paysans déposent le pollen sur les fleurs manuellement
Par Manon Laplace publié le
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En Chine, dans la province du Sichuan, les abeilles et les insectes pollinisateurs se sont éteints à cause de l'utilisation incontrôlée des pesticides dans les années 80. Aujourd'hui, pour garantir leur production, les paysans doivent assurer la pollinisation de leurs arbres fruitiers à la main.

Dans la province du Sichuan en Chine, les abeilles ont été décimées. Au début des années 1980, l’utilisation effrénée des pesticides a entraîné leur disparition. En conséquence, les plantes à pollen sont mortes et la production de pommes et de poires, gagne-pain des fermiers, s’est effondrée.

Face à la gravité de la situation, les agriculteurs n’ont eu d’autres choix que de polliniser eux-mêmes les arbres de leurs vergers. Dans le village de Nanxin, les habitants en âge de travailler s'attellent à la pollinisation des pommiers, fleur par fleur, en évoluant à travers les branches. C'est leur seul moyen d'assurer la continuité de la production depuis l'extinction des insectes pollinisateurs. Les paysans récoltent le pollen à la main, avant de le faire sécher et de l’appliquer sur les fleurs des arbres fruitiers à l’aide de plumettes de poulet, de filtres à cigarette ou de pointes d’effaceur fixés au bout d’une tige de bois.

Harold Thibault, correspondant du journal Le Monde en Chine, s’est rendu à Nanxin, où la période de pollinisation a commencé mi-avril et durera jusqu'à la fin du mois. Là-bas, les fermiers possèdent entre 100 et 200 pommiers chacun, et ont peu de temps pour assurer leur pollinisation. Pour les plus expérimentés de ces “hommes-abeilles”, une demi-heure suffit à polliniser toutes les fleurs d’un pommier, quand une ruche peut polliniser jusqu’à trois millions de fleurs par jour.

La solution est donc encore loin d’être pérenne, et s'avère coûteuse. Si une grande partie des villageois est mobilisée, la brièveté de la période oblige les agriculteurs à engager des travailleurs saisonniers. Zeng Zigao, paysan de Nanxin, doit employer cinq ou six personnes, payées 9,2 euros par jour, et leur assurer le couvert, peut-on lire sur le site du Monde. Un investissement conséquent, mais inévitable s’il veut avoir un production suffisante. 
 


Le silence des abeilles par AMAPD


Source : lemonde.fr
Rédaction : Manon Laplace

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