10 gestes simples pour dépolluer votre intérieur

Pièce tapissé par du papier peint nature
10 gestes simples pour dépolluer votre intérieur
Par Mathieu Doutreligne publié le
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Alors que vous passez près de 90 % de votre temps en intérieur, mobilier, peintures, produits ménagers, tabac, présentent autant de risques de causer des maladies mortelles que les gaz d'échappement de la capitale.

La lutte contre la pollution de l'air est un thème souvent abordé. Préoccupant d'un point de vue écologique et sanitaire, il est devenue une priorité gouvernementale. Les mesures prises par la ville de Paris lors de la vague de pollution atmosphérique en mars dernier, témoigne de l'importance des enjeux. Cependant, une étude de l'ANSES (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) révèle que l'air dans les habitats est encore plus pollué que celui des villes.

Rapport de l'Anses sur la pollution intérieure

Notre petit cocon douillet, désinfecté et aseptisé, où il fait bon vivre est en réalité une source de risques sanitaires au même titre que les trottoirs de la capitale. C'est ce qu'a évalué l'ANSES avec cette étude menée en collaboration avec l’OQAI ( Observatoire de la Qualité de l’Air Intérieur) et Pierre Kopp, Professeur d’économie de l’université Sorbonne Panthéon.

Benzène, radon, trichloréthylène, monoxyde de carbone,  particules et fumée de tabac sont donc sur le banc des accusés. On leur attribue respectivement la responsabilité de 342 décès par leucémie, 2074 décès dus au cancer du poumon, 20 décès dus au cancer du rein, 98 décès par intoxication au monoxyde de carbone. Les particules issues de la combustion des cigarettes sont responsables de 16 236 morts que ce soit des suites d'un cancer du poumon ou d'accident cardio-vasculaire. La fumée de cigarette a causé 1114 décès par cancer du poumon, infarctus ou accident cérébral.

Il en ressort qu'avec 20 000 décès par an en France, et plus de 30 000 déclarations de maladies chaque année, la pollution intérieure est plus dangereuse encore que la pollution extérieure. Un coût estimé à 19 milliards d’euros par an.

Comment dépolluer votre intérieur ?

  1. Bannir la cigarette de votre habitat est le premier geste à adopter. En effet, les particules toxiques qui en émanent se fixent sur les tissus et le mobilier pour continuer à vous intoxiquer même après aération. C'est ce que l'on appelle le tabagisme passif au troisième degré.
     
  2. Choisir des produits ménagers écologiques en magasins bio ou utiliser des produits naturels tels que le vinaigre, le bicarbonate de soude ou le citron. Qu'il s'agisse de produit vaisselle, de lessive ou de détergeant pour les toilettes, il vaut mieux bien choisir vos produits. Car en plus d'être nocifs pour l'environnement, ceux-ci présentent un dosage très concentré en principes actifs souvent responsables d'irritations des yeux, de la peau ou des bronches, mais également de cancers lorsqu'ils sont utilisés à haute fréquence.
     
  3. Si votre garage est juxtaposé aux pièces de votre maison, ne rentrez pas votre véhicule immédiatement. Il faut savoir qu'à l'arrêt, le moteur laisse échapper des gaz toxiques pour la santé lorsqu'il refroidit. Ces gaz vont se difuser dans votre garage et inévitablement dans votre habitat. Laissez votre voiture se refroidir à l'extérieur une bonne demi heure pour ensuite la rentrer.
     
  4. Remplacer vos bâtonnets d'encens, vos bougies parfumées et votre lampe berger par des huiles essentielles. En effet, tous les désodorisants d'intérieur contiennent des parfums qui lors de la combustion, provoquent des émanations de substances cancérigènes (benzène, formaldéhyde et acétaldéhyde).
     
  5. Vérifier la composition de vos produits de bricolage. Moquette, peinture, sol vinyle, ils peuvent être identifiés par les logos Ecolabel et NF Environnement. D'autre part, ils doivent obligatoirement afficher leur degré d'émanation toxique par une note allant de C à A+. Cependant, il est encore préférable d'opter pour des peintures naturelles, des enduits à base de chaux ou d'argile, du lambris en bois brut, du carrelage en terre cuite ou des parquets en bois massif.
     
  6. Choisir du mobilier en bois brut ou d'occasion. Les meubles que l'on trouve désormais en magasin sont pour la majorité constitués de panneaux de bois reconstitué. Que l'on parle d'aggloméré, de contreplaqué ou de MDF, ces matériaux nécessitent une quantité importante de colle, de laque et de solvants responsables d'émanations de COV (Composé Organique Volatile) dont le fameux formaldéhyde, hautement cancérigène. Ces émanations  s'étalent quotidiennement sur une durée allant jusqu'à 5 ans avec les risques que cela suppose sur la santé de votre famille. La pièce la plus concentrée en COV est bien évidemment la chambre de bébé ou le matériel est souvent neuf. En achetant du mobilier d'occasion, vous vous assurez que la plupart des COV se sont déjà volatilisés. Laver tous les textiles neufs avant leur utilisation. Qu'il s'agisse de rideaux, de coussins ou de vêtements, les teintures utilisées ainsi que les traitements soumis aux tissus peuvent causer des irritations de la peau et du système respiratoire.
     
  7. Faîtes entretenir votre système de chauffage. De nombreux accidents par intoxication au monoxyde de carbone se produisent encore causant la mort de 98 personnes chaque année.
     
  8. Faîtes le ménage ! Avec des produits naturels ou écologiques comme on l'a vu plus haut, mais il est primordial de faire la chasse aux acariens, aux poils d'animaux et aux moisissures, responsables d'allergies respiratoires et cutanées.
     
  9. Apporter du vert à l'intérieur. L’aloe vera, le Philodendron, le Chrysanthème ou encore l’Azalée dépolluent naturellement votre habitat en absorbant les particules toxiques.
     
  10. Et bien sûr, on ne le répétera jamais assez, ouvrez les fenêtres au moins 15 minutes par jour et par tout temps.

En suivant ces principes, vous vous assurez un intérieur sain où il fait bon vivre. Malheureusement, ce n'est pas l'endroit où vous passez le plus clair de votre temps et il serait bien qu'ils entrent également en application sur les lieux de travail, les écoles, crèches et hôpitaux.

 

Rédaction : Chrystelle Camier
Sources : ANSES - ASEF

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