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60 % des vins contaminés aux phtalates

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Bouteille et verre de vin rouge
60 % des vins contaminés aux phtalates

Les analyses d'un laboratoire privé ont révélé la présence de phtalates dans près de 60 % des vins. En plus d'être cancérogènes, ces composés chimiques perturbent le système hormonal et augmentent les risques d'infertilité.

On connaissait déjà le problème des pesticides dans les vins, on sait désormait que dans la plupart des cas, ils contiennent également des perturbateurs endocriniens: les phtalates. Le laboratoire Excelle de Mérignac, spécialisé dans la vitiviniculture, a publié son rapport d’analyse portant sur 130 vins (rouge, blanc et rosé) et spiritueux français, mettant en lumière la présence significative de phtalates dans près de 60 % d’entre eux.

Ces composés chimiques, présents dans certaines matières plastiques, sont des perturbateurs endocriniens avérés. Ils perturbent le système hormonal, menacent la fertilité : en d’autres termes, ils sont repro-toxiques.

Cancérogènes, ces molécules entrent dans la composition de plastifiants et passent dans le vin au contact du revêtement des cuves, des corps de pompe ou encore des joints d’étanchéité. L’éthanol contenu dans le vin, et en plus grande quantité encore dans les spiritueux, agit comme un solvant sur les matériaux plastiques, en altère les parois et favorise ainsi la contamination. Pour Stéphane Boutou, responsable technique du laboratoire Excell, “Ce sont les revêtements de cuves en résine époxydique qui représentent les sources majeures de pollution”. Des matériels couramment utilisés pour la fabrication du vin, mais dont les viniviticulteurs ne connaissent pas les risques qu’ils représentent.

Le laboratoire révèle ainsi la présence de phtalates dans 59 % des échantillons analysés. 11 % des vins et 19 % des spiritueux ayant même une teneur supérieure à la limite réglementaire. Les quantités les plus significatives de phtalates concernaient les phtalates de dibutyle (DBP), les phtalates de di-2-éthylhexyle (DEHP) et les phtalates de benzylbutyle (BBP), tous les trois classés comme substances cancérogènes, mutagènes et repro-toxiques par l’Agence Européenne des Produits Chimiques. Seuls 17 % des vins analysés en étaient exempts.

Mardi 29 avril, la stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens présentée par Ségolène Royal au Conseil national pour la transition écologique a été adoptée. Le texte prévoit notamment une restriction de l’utilisation des phtalates et l'interdiction du bisphénol A dans les contenants alimentaires à partir de janvier 2015. Mais comme le soulignent les analyses menées par Excell, le consommateur est exposé à d’autres substances repro-toxiques que le bisphénol A. Et si le gouvernement affirme que sa stratégie “fixe comme objectif premier la réduction de l’exposition de la population et de l’environnement  aux perturbateurs endocriniens”, la réglementation reste insuffisante. D’autant que certains pays européens interdisent déjà l’utilisation des phtalates, à l’instar du Danemark.


Rédaction : Manon Laplace

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