Lessive écologique ou lessive classique ? Laver son linge, une affaire de pollution

Femme analysant une lessive en magasin
Lessive écologique ou lessive classique ? Laver son linge, une affaire de pollution
Par Mathieu Doutreligne publié le
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Métaux lourds, agents cancérigènes, composants hautement toxiques, autant de tensio-actifs qui sont relâchés dans l'environnement et intoxiquent les espèces vivantes. Les lessives écologiques, meilleures et plus efficaces que les autres ? Bio à la Une fait le point.

Une famille française réalise environ 220 lessives par an, ce qui représente une consommation équivalente à 26 litres de lessive liquide ou 40 kg de lessive en poudre. Si depuis 2005, la réglementation impose une biodégradabilité finale au minimum égale à 60 % au bout de 28 jours cela laisse encore 40 % de toxiques dans l'environnement.

En effet, si chaque foyer fait tourner sa machine à laver environ 5 fois par semaine, ce sont des milliards de litres d'eau à purifier via les stations d'épuration. Cependant, de nombreux tensio-actifs passent à travers les mailles du filet et se répandent dans les rivières avec les conséquences désastreuses que l'on peut imaginer sur la flore et la faune.

Les lessives classiques

La lessive classique est élaborée à partir de résidus pétrochimiques. Elle se compose d'une vingtaine de tensio-actifs dont la plupart sont toxiques pour l'homme et l'environnement. Si depuis 2007, l'utilisation des phosphates est interdite dans la composition des lessives en raison de sa haute toxicité pour l'environnement, d'autres composants tout aussi dangereux prolifèrent toujours dans nos machines à laver.

L'alkyn sulfonate (LAS) : utilisé pour faciliter la solubilité du produit dans l'eau, c'est un agent hautement cancérigène et non-biodégradable.

Les agents intensifiant de couleur : Ils présentent un risque allergique chez l'homme par contact cutané. Mais ils sont surtout très toxiques pour les poissons et occasionnent des mutations bactériologiques inattendues.

L'Acide éthylène-diamine-tétracétique (EDTA) : Utilisé pour stabiliser la mousse et réduire les effets de l'eau dure, l'EDTA appartient à la famille des poisons. Si le pourcentage inclus dans la lessive est trop faible pour occasionner la mort, il n'en reste pas moins très dangereux. Les métaux lourds qui le composent sont relâchés dans l'environnement, puis ingurgités par les poissons et les mammifères qui s'abreuvent dans les rivières. Ceux-ci, après un passage dans le circuit de l'industrie agro-alimentaire, se retrouvent dans nos assiettes.

Les parfums de synthèse : Le plus souvent composés à base de pétrole, ce sont des allergènes pour l'homme. Non biodégradables, ils représentent également un risque toxique élevé pour les animaux.

Afin de surfer sur la tendance bio et répondre aux craintes des consommateurs, les packaging des lessives classiques s'habillent de vert, revendiquent des produits sans paraben, sans parfum et se présentent dans de nouvelles gammes « au savon noir ». Ne vous y trompez pas ! C'est une simple technique de marketing destinées à tromper le consommateur qui va avoir l'impression d'acheter un produit écologique.

Les lessives écologiques dites « vertes »

Si l’Écolabel européen autorise l'utilisation des dérivés pétrochimiques dans la composition des lessives et impose uniquement la biodégradabilité des tensio-actifs et non du produit fini, les lessives écologiques sont tout de même un moindre mal comparées aux lessives classiques. Les industriels tentent de proposer des produits majoritairement à base naturelle, totalement biodégradables, mais aussi efficaces.

Les tensio-actifs qui entrent dans la composition des lessives bio sont généralement d'origines végétales ou minérales. Parmi les plus utilisées, on peut citer la pomme, le citron, la betterave, la noix de coco, l'argile, le sucre, les céréales, l'huile de colza... Certaines lessives sont conçues à base de savon végétal et de bicarbonate de sodium.

Elles se présentent sous la forme de recharges biodégradables afin de réduire au maximum les déchets.

Les lessives sont donc toujours plus ou moins polluantes et le consommateur est amené à choisir « la moins pire ». Il existe cependant des solutions alternatives encore plus saines pour les écolos les plus audacieux. En effet, certains se tournent vers des pratiques ancestrales pour laver leur linge de manière naturelle.

Les noix de lavage indiennes

Fruits du Sapindus Mukorossi, les noix de lavages produisent naturellement de la saponine, un savon totalement biodégradable. Leurs coquilles sont séchées et utilisées depuis la nuit des temps par les femmes himalayennes pour la lessive, mais également pour d'autres usages domestiques. Elles sont vendues dans tous les supermarchés bio au rayon des lessives.

Leur utilisation est simple : il suffit de glisser 4 à 6 moitiés de coquilles dans un filet et de glisser ce dernier dans le tambour de la machine à laver. Une fois le cycle terminé, le linge est propre et très légèrement parfumé. Les noix peuvent être réutilisées jusqu'à trois fois à basse température. En revanche, on peut leur reprocher un manque d'efficacité sur les vêtements tâchés.

La lessive faite maison

Le Do It Yourself (fait maison) est très tendance dernièrement. La lessive n'échappant pas à la règle, il est très simple de fabriquer soi-même sa lessive à base de ce bon vieux savon de Marseille cher à nos grands-mères. 

Pour 3L de lessive liquide :
- Eau
- Savon de Marseille
- Bicarbonate de soude (pour ses propriétés blanchissantes)
- Huile essentielle de citron (pour ses vertus antibactériennes et son parfum)

Ces solutions alternatives présentent l'avantage d'être peu coûteuses et totalement neutres pour l'environnement.

 

Rédaction : Chrystelle Camier


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