Thon en boîte, Greenpeace dénonce les pratiques des marques françaises

Marques françaises de thon en boîte classées par Greenpeace
Thon en boîte, Greenpeace dénonce les pratiques des marques françaises
Par Manon Laplace publié le
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Greenpeace a sorti son classement des marques françaises de boîte de thon selon l'écoresponsabilité de leurs pratiques. Le bilan met en lumière des techniques de pêche non durables qui épuisent les stocks et nuisent aux écosystèmes marins.

La boîte de thon. Aliment largement plébiscité par les consommateurs. Selon France Agrimer, établissement national des produits de l’agriculture et de la mer, la pêche mondiale du thon représentait 4,4 millions de tonnes en 2009. Réputé comme étant un aliment sain, le thon a le vent en poupe auprès des consommateurs.

Pour satisfaire cette demande, la majeure partie des marques qui commercialisent ces conserves ont recours à du poisson issu d’une pêche non durable. Pratiques dévastatrices pour les écosystèmes marins, épuisement des stocks de poissons, Greenpeace fait le point sur les techniques de pêche dont est issu le thon qui campe les étals de nos supermarchés.

10 grandes marques interrogées

Pour établir son classement, Greenpeace a interrogé les dix marques de thon les plus vendues sur le marché français. Si 9 d’entre elles ont répondu aux sollicitations de l’ONG, le groupe Leclerc n’a pas souhaité participer. Suivant une série de critères tels que l’état des stocks des espèces pêchées, les pratiques utilisées ou la traçabilité des poissons, l’ONG estime que la plupart des marques commercialisées en France utilisent du thon provenant de pêches non durables.

Techniques de pêche destructrices et effondrement des stocks

Les stocks de certaines espèces, comme les thons obèse, albacore ou listao germon déclinent. “Les techniques de la pêche commerciale, motivée par une demande mondiale croissante, surpassent les limites de l’espèce à assurer sa survie. [...] En clair, les stocks de thon mondiaux s’effondrent.” affirme Greenpeace dans un communiqué.

En plus de puiser dans des stocks qui ne sont pas en mesure de se renouveler suffisamment vite. Les techniques de pêche employées impacte les autres espèces marines. Carrefour, Intermarché, Saupiquet, Petit Navire ou Connétable sont notamment pointés du doigt par l’OGN. Leur approvisionnement reposant “essentiellement sur une pratique de pêche destructrice”.

Beaucoup de prises inutiles

Leurs fournisseurs emploient souvent ce que l’on appelle un dispositif de concentration de poisson. Il s’agit d’une technique de pêche industrielle qui, en plus de permettre la capture d’un maximum de thon, entraîne la prise d’un grand nombre d’espèces inutiles.  Requins, tortues de mer ou raies sont ainsi saisies, puis rejetées en mer déjà mortes ou agonisantes.

Cette forme de pêche piège également un grand nombre de bébé thon, ce qui affecte notablement le cycle de reproduction de l’espèce.

Phare d’EckMühl et Système U en tête du classement

Parmi les marques classées, Phare d'EckMühl et Système U sont celles qui affichent les pratiques les plus responsables. La majorité de leurs poissons est pêchée de manière sélective et issue de stocks non menacés.

Première du classement Greenpeace la marque Phare d'EckMühl appartient pourtant à la même maison que Connétable, marque bien plus mal notée. Toutes deux sont affiliées au groupe Chancerelle spécialisé dans la conserve de poisson. Un positionnement contradictoire pour la conserverie qui commercialise à la fois des produits labellisés pêche durable MSC avec Phare d'EckMühl et du poisson Connétable dont les pratiques nuisent aux populations de thon.

Dans son communiqué, Greenpeace exhorte les marques à revoir leur système d’approvisionnement pour se tourner vers des fournisseurs vertueux. D’opter pour des politiques durables pour préserver les espèces de thons menacées, et plus largement la faune océane.

Découvrez ici le classement détaillé de Greenpeace

 

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