Les cosmétiques bios, un marché florissant qui attire les grands du secteur

Par bioalaune publié le
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De Marie CAMIERE (AFP)

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L'entrée du siège du groupe cosmétique
L'Oréal, 
le 4 avril 2002 à Clichy
 
Une boutique-centre de beauté
Yves Rocher, 
le 28 avril 2008 à Strasbourg


PARIS — Les cosmétiques bios sont en plein boom malgré la crise et tout le monde s'y met, grandes marques comme distributeurs, avec pour résultat une offre de plus en plus variée et des produits plus accessibles.

Témoin de ce décollage, Cosmébio, l'association française des professionnels de la cosmétique biologique, compte aujourd'hui près de 300 commerçants adhérents, trois fois plus qu'en 2005, des PME aux géants de la cosmétique.

"Depuis deux ans, l'essentiel des nouvelles adhésions provient des traditionnels de la cosmétique", relève son président Thierry Recouvrot.

L'Oréal et Clarins ont racheté des marques de produits certifiés. Yves Rocher, Marionnaud ou encore Nuxe ont lancé leurs propres gammes de soins bio. Mais Carrefour et Auchan, eux, ont lancé en 2008 leurs propres marques.

Le marché reste encore "modeste", avec 3 à 4% des parts du marché de la cosmétique en France, mais "on est sorti du marché de niche", affirme Betty Santonnat, directrice du développement de Cosmébio.

Car les consommateurs sont de plus en plus attirés par une offre qui s'est étoffée tandis que les réseaux de distribution se sont diversifiés, en s'étendant des magasins spécialisés à la parapharmacie puis aux grandes surface.

Après plusieurs années de croissance entre 25% et 30%, le chiffre d'affaires des cosmétiques bio s'est élevé à 250 millions d'euros en France en 2008, et devrait doubler en cinq ans, selon Cosmébio. Pour le marché européen, les ventes ont déjà dépassé 1,5 milliard d'euros.

Le "bio" apparaît comme un bon vecteur de croissance pour les groupes de cosmétique conventionnelle.

"C'est un marché encore émergent mais au très fort potentiel, sur lequel on se positionne", indique-t-on chez le numéro un mondial du secteur, L'Oréal. Le groupe a racheté en 2006 la marque de cosmétiques bio Sanoflore, et développe des gammes bio pour certaines ses marques comme Ushuaïa.

"Le bio ce n'est pas une petite vague, c'est quelque chose d'important dans les cosmétiques du futur", assure Olivier Courtin, directeur général de Clarins. La marque de produits biologiques Kibio, qu'il a reprise en 2006, représente encore "moins de 1% du chiffre d'affaires" total mais elle permet "d'utiliser pour la marque Clarins des produits certifiés".

Yves Rocher a lancé en octobre une gamme de soins visages bios pour "répondre à une nouvelle attente". "C'est un marché en devenir", reconnaît Anne Kayser, directrice marketing du groupe, dont la stratégie consiste à "défendre plutôt la cosmétique végétale, qui est plus large que le certifié bio".

Développé à l'origine par de petites sociétés spécialisées, la cosmétique bio vit une mutation profonde. "Beaucoup de PME ont déjà été rachetées, et il y aura encore un phénomène de concentration", observe M. Recouvrot. Mais "il y a encore de la place pour de petites entreprises qui font du bio très qualitatif", estime le président de Cosmébio qui est également PDG de Florane, une PME du secteur.

De Marie CAMIERE (AFP)
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