L'huile d'olive française risque-t-elle de disparaître ?

Bol d'huile d'olive et olives vertes
L'huile d'olive française risque-t-elle de disparaître ?
Par Manon Laplace publié le
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La France a perdu 70 % de sa production d'olives en 2014. Et la récolte à suivre pourrait bien être tout aussi mauvaise.

L’olive française est en crise. 2014 a signé une récolte catastrophique : entre 1 500 et 2 000 tonnes d'huile d'olive ont été produites contre une moyenne de 5 000 les autres années, selon l’Association française interprofessionnelle de l’Olive (Afidol).

Une météo peu favorable et un insecte nuisible

Déjà coûteuse, l’huile d’olive française pourrait se raréfier. Et son prix grimper en flèche. Faute à une météo peu favorable, la floraison du printemps dernier a été mauvaise. Et la production encore amoindrie par la prolifération de la Bactrocera oleae, plus communément appelée mouche de l’olive. Insecte qui pond sous la peau du fruit, lequel est en partie attaqué par les larves, et finit par tomber.

D’ordinaire jugulé par des hivers froids et des été très chauds, le développement de cet insecte à été encouragé par un été trop doux et des pluies abondantes. Ce qui a largement participé à l’effondrement de la production, même s’il s’agit d’un mélange de facteurs, explique Alexandra Paris, Directrice de la communication d’Afidol.

Avec jusqu’à 70 % de perte sur la production - et plus encore pour les olives noires -, le secteur oléicole français rencontre sa plus grave crise depuis 1956. La majeure partie de la production avait alors été détruite par le gel. Un effondrement qui devrait représenter une perte de 15 millions d’euros de chiffre d’affaires pour les agriculteurs. Et pouvant atteindre plus du double si l'on prend en compte l’ensemble des acteurs de la filière.

Des prix qui s'envolent

Conséquence, les prix vont forcément monter. C’est en tout cas ce que confiait Olivier Nasles, Président d’Afidol au journal Le Monde. S’il prévoit une hausse de un ou deux euros par bouteille, il se veut rassurant sur l’offre qui sera faite au public, puisque l’huile d’olive française ne représente que 5 % de la consommation des Français, pour qui il n’y aura donc pas de pénurie.

Si 2014 fût une année désastreuse pour les producteurs d’olive hexagonaux, il est encore difficile de présager de ce que sera 2015. La floraison, étalée sur les mois de mai et juin pourra donner une idée du potentiel de la récolte à venir. Potentiel qui sera précisé par la transformation des fruits en juillet. “Mais même si la production semble bonne au début de l’été, il faudra attendre, au plus tôt, le 20 octobre avant de récolter les fruits. Il peut se passer beaucoup de choses pendant ce temps. Les producteurs ne peuvent être sûrs de rien.” s’inquiète Alexandra Paris.
 

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