Canada : une école fermée plusieurs semaines suite à une contamination par un insecticide

Par Mathieu Doutreligne publié le
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Une école primaire d’Ottawa au Canada, a récemment fermé ses portes après avoir été contaminée par un insecticide nuisible. À l’origine, l’établissement se protégeait contre une infection de blattes. Encore un exemple qui, malheureusement, montre les effets néfastes des produits phytosanitaires sur la santé.

Une école fermée, un insecticide mis en cause

L’école Charles H. Hulse, située à Ottawa au Canada, a fermé ses portes le 17 avril dernier après qu’une trentaine d’enfants et sept enseignants aient souffert de nausées, d’irritations aux yeux et de démangeaisons.

Cet accident serait dû à l’utilisation d’un puissant insecticide au sein de l’école : le propoxur. Ce produit chimique serait possiblement dangereux pour les enfants, ce qui inquiète fortement les parents et amène certains à envisager de poursuivre les responsables de l’établissement. Lorna Powell, mère d’un garçon âgé de 5 ans explique : “Je veux des réponses. Ils ont utilisé et aspergé le mauvais insecticide sans nous en parler. Je suis furieuse.”

Les 450 élèves et les enseignants de l’école primaire ont été transférés vers un autre établissement, avant de pouvoir retrouver leurs locaux. L’établissement, situé dans le quartier Alta Vista, devrait rouvrir ses portes le 04 mai prochain, ce qui laisse le temps aux responsables du conseil de la ville de mener leur enquête et d’enlever toutes traces de l’insecticide dans les locaux.

Une infection d’insectes mal gérée

À l’origine de l’incident, une infection de coquerelles (blatte au Québec) avait été déclarée par la direction de l’établissement. Ces derniers ont décidé d’éradiquer les nuisibles en faisant appel à un exterminateur professionnel : la société Rentokil. Société qui répand alors l’insecticide propoxur le 11 avril dans différents endroits de l’école, affirmant que son utilisation est parfaitement légal.

Même si l’utilisation de ce produit est actuellement légalisée Outre-Atlantique, une réévaluation par un organisme fédéral canadien datant d’avril 2014 a prévu de l’abandonner graduellement. Santé Canada affirme que le produit présente des risques préoccupants pour la santé humaine et ne doit pas être appliqué à l’intérieur des locaux résidentiels comme les habitations ou les écoles. À partir d’octobre 2015, le produit ne sera plus commercialisé et son utilisation sera interdite après le 31 octobre 2017. En France, le propoxur n’est pas commercialisé.

De son côté, la direction de l’établissement reconnaît sa négligence. Elle avoue ne pas avoir demandé de précisions sur les produits utilisés à la signature du contrat avec l’exterminateur, en avouant ne pas connaître la réglementation en vigueur. “C’est la raison pour laquelle nous faisons affaire avec des professionnels accrédités. C’est leur responsabilité de s’assurer de ce genre de chose” affirme Mike Carson, intendant au conseil scolaire de la ville.

Source : ottawacitizen.com

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