Cantines bio : un challenge bien difficile à relever

Par bioalaune publié le
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Restauration. C'est un des gros chantiers de l'Association pour la promotion de l'agriculture bio.

Cantines bio : un challenge bien difficile à relever

 

 

 

De nombreuses cantines ont intégré le bio dans leurs menus, mais peu de produits viennent du terroir. Photo DDM, archives.

 

 

 

Le Grenelle de l'Environnement a fixé comme objectif d'introduire 20 % de produits biologiques dans la restauration collective en 2012. Une échéance proche qui a impulsé une réflexion au niveau des municipalités, lesquelles souhaitent relever le défi. Aussi, l'Association pour la promotion de l'agriculture biologique (APABA) a été sollicitée pour initier un projet qui regrouperait, non seulement l'approvisionnement en restauration collective, mais aussi ses déclinaisons sur le développement territorial. Une tâche colossale, débutée il y a un an et demi, qui se heurte à des constats décevants. « Nous nous sommes vite rendu compte qu'en Aveyron, il y a un déficit de production et que l'on n'est pas organisé pour traiter de gros volumes », relève Laurent Rémès, président de l'association qui regroupe les acteurs de la filière bio en Aveyron. L'APABA ne se décourage pas pour autant et multiplie les actions sur trois pistes de travail. « Tout d'abord, il y a une nécessité de travailler avec les agriculteurs qui veulent se convertir en bio. Il faut les rassurer », entame Laurent Rémès. Autre domaine d'action, la valorisation des productions, notamment dans la filière bovins viande. « Beaucoup de broutards sont vendus à l'étranger, notamment en Italie, pour y être engraissés. Cette filière n'est pas valorisée au niveau local », regrette le président. Enfin, l'APABA souhaite donner aux agriculteurs qui cherchent un apport de revenus la possibilité de productions diversifiées, notamment dans la filière légumière.

Un nouvel animateur

Autant de pistes qui nécessitent un long travail de concertation. « Nous avons beaucoup de choses à apprendre car nous ne connaissons pas forcément les besoins. Et réciproquement, les municipalités ne savent pas dans quelles mesures les agriculteurs peuvent répondre à la demande », poursuit Laurent Rémès.

Pour faire face à cette tâche, l'APABA s'est dotée d'un nouveau collaborateur, Lionel Labit, qui a pris ses fonctions hier. Il sera chargé de coordonner toutes ces actions, notamment en animant des rencontres. La première, destinée à la filière bovins viande, aura lieu à Rodez, le 9 octobre. Suivra la filière bovins lait, à Millau, le 8 octobre. Enfin, une conférence-débat sur le thème « Comment l'agriculture aveyronnaise peut répondre à la restauration hors domicile ? » aura lieu le 15 octobre, à 15 heures, salle de la Doline, à Sébazac-Concourès.

Selon Laurent Rémès, la réussite du projet dépend en grande partie de l'engagement des pouvoirs publics. « Si tout le monde se donne les moyens, on y arrivera », espère-t-il. D'ici 2012 ? « C'est impossible, nous avons pris trop de retard ».

ladepeche.fr - Publié le 22/09/2009 03:53 | Sylvie Ferrer

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