Ce groupe français achète toujours le lait des mille vaches

salle de traite d'une exploitation de vaches laitières
Ce groupe français achète toujours le lait des mille vaches
Par Manon Laplace publié le
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La coopérative agricole Agrial s'était engagée à ne plus utiliser le lait de la ferme des mille vaches en avril dernier. S'il ne le destine plus à ses marques, le groupe français continue pourtant de l'acheter.

Avant même la naissance du projet, la ferme des mille vaches installée dans la Somme, en Picardie, suscitait l’indignation des militants écologistes. Vitrine d’un système agricole malade, l’exploitation n’en finit pas de faire parler d’elle. À tel point que plusieurs groupes français ont déjà renoncé au lait de la colossale exploitation.

En octobre dernier, et sous la menace d’un boycott citoyen, la marque Senoble se désengageait auprès de la très contestée ferme des mille vaches. En avril, le groupe Agrial (spécialisé dans la transformation agroalimentaire), qui abrite les marques Danao, Agrilait ou Florette et fabrique des produits laitiers de marque distributeur, annonçait à son tour ne plus vouloir utiliser le lait de la ferme-usine pour ses produits de marque distributeur.

S’il renonce à utiliser le lait de la ferme des mille vaches, Agrial continue pourtant de l’acheter. Le groupe français revendrait désormais le lait à un autre transformateur, nous apprend le journal Les Echos. Il ne s’agirait donc que d’un engagement de façade, motivé par la demande de distributeurs inquiets de voir leur enseigne devenir la cible d’actions de contestation.

Dans un communiqué de presse, la Confédération paysanne, l’un des principaux syndicats agricoles français et principal opposant à la ferme des mille vaches, appelle a une poursuite de la résistance. Notamment suite à une demande d’agrandissement du cheptel formulée fin mars par les exploitants pour passer de 500 bovins à 880. Or, la Confédération rappelle qu’une enquête publique n’est obligatoire qu’à partir de 900 bêtes, limite en-deçà de laquelle l'enquête demeure à la discrétion de la préfecture. Mais déjà l’exploitation est passée outre les autorisations selon Le Monde. Toujours limité à 500 têtes par un arrêté préfectoral du 1 février 2013, le cheptel de l’exploitation s'est récemment agrandi à 794 bovins.

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