Un amoureux de la nature risque jusqu’à 300.000 € d’amende pour avoir construit une cabane dans les arbres

Xavier Marmier et sa cabane écologique
Un amoureux de la nature risque jusqu’à 300.000 € d’amende pour avoir construit une cabane dans les arbres
Par Caroline Perrichon publié le
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A Cléron, Xavier Marmier vit depuis cinq ans dans sa cabane écologique construite dans un arbre. Son mode de vie est aujourd’hui menacé par la municipalité qui réclame sa destruction.

Un rêve d’enfant devenu réalité

Il y a cinq ans, le rêve d’enfant de Xavier Marmier est devenu réalité. Cet amoureux de la nature a construit une cabane écologique suspendue à dix mètres de haut dans la vallée de Loue. Un mode de vie loin d’être spartiate puisque cette cabane de 44 m2 constitue un véritable petit logement à la fois confortable et simple.

Afin de respecter au mieux son environnement, l’élagueur de 45 ans a complètement changer ses habitudes de vie. «L’idée était de minimiser l’impact sur l’environnement, pour me fondre dans la nature, sans la détruire, et mener une vie en adéquation avec mes principes écologiques», explique-t-il au journal Le Progrès. Il s’est donc contenté d’une lampe à l’huile comme lumière et de l’eau de pluie comme source d’eau sanitaire. Son impact se réduisant seulement à un bidon d’eau potable et une batterie rechargée une fois tous les deux mois.

Une cabane écologique dans l’illégalité

Xavier Marmier est bien propriétaire de son terrain, mais il a construit sa cabane dans une zone non-constructible appelée Natura 2000. Conscient de l’irrégularité de sa situation, ce dernier a fait une demande de permis de construire en novembre dernier. La demande a été refusée, et il a reçu un avis de la part de la municipalité lui exigeant de détruire sa cabane avant le 1er juillet 2015.

Pour justifier la destruction de ce logement, la municipalité rappelle qu’au ‘‘Au-dessus de 20 m2, la loi exige un permis de construire’’, un permis de construire que réclamait justement l’élagueur. Elle reproche aussi au logement de ne pas répondre aux normes puisqu’il n’est pas raccordé à l’électricité et à l’eau et ne dispose pas de système d'assainissement.

Un amoureux de la nature soutenu par la population

S’il ne détruit pas sa cabane, la municipalité devra s’en charger, une amende que Xavier Marmier devra payer, comprise entre "simplement" 1.200 euros et jusqu'à 300.000 euros si l'État doit intervenir par ses propres moyens pour détruire l'habitation. Mais cet amoureux de la nature ne compte pas se laisser faire. Dans son combat, il est soutenu par l’Adiep (Association de défense des intérêts des entreprises et des particuliers) pour qui cette décision est insensée: “c’est illégal, mais l’ancienne municipalité l’a laissé faire. On l’a laissé habiter ici pendant cinq ans et maintenant on vient lui demander de tout démonter alors qu’il ne gêne personne”.

La société civile se manifeste aussi pour le soutenir. Le 12 juin dernier a eu lieu le rassemblement “soutien à la cabane de Xavier”. Une manifestation qui a rassemblé 170 personnes, un nombre important quand on sait que la commune compte 300 habitants. Une pétition a aussi été mise en ligne et a réuni jusqu'ici un peu plus de 5000 signatures. 

 

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