Le vigneron bio poursuivi pour avoir refusé de traiter ses vignes a été relaxé

Thibault Liger-Belair au milieu de ses vignes
Le vigneron bio poursuivi pour avoir refusé de traiter ses vignes a été relaxé
Par Manon Laplace publié le
4565 lectures

Thibault Liger-Belair, vigneron bio a été poursuivi en justice pour avoir refusé de suivre un arrêté préfectoral lui enjoignant d'utiliser des pesticides sur ses vignes à titre préventif. Mardi, le tribunal lui a donné raison contre l'État.

La Justice ne marche peut-être pas tout à fait sur la tête. Traîné devant le tribunal correctionnel de Villefranche-sur-Saône (Rhône) au printemps dernier pour avoir refusé de suivre un arrêté préfectoral imposant de traiter chimiquement ses vignes, Thibault Liger-Belair, vigneron bio, a été relaxé.

C’est la deuxième fois que la Justice donne raison à un producteur de vin en agriculture biologique qui refuse d’épandre des pesticides sur ses ceps. Il y a quelques moi de cela, Emmanuel Giboulot, poursuivi pour les mêmes motifs, avait lui-aussi bénéficié d’une relaxe. Comme lui, Thibault Liger-Belair avait refusé de se plier à l’injection d’un arrêté préfectoral imposant un traitement phytosanitaire préventif contre la flavescence dorée. Ses vignes, en appellation Moulin-à-Vent, sont à cheval sur deux départements : la Saône-et-Loire et le Rhône, les deux parcelles n’étant séparées que par une étroite route de campagne. Problème, la préfecture saône-et-loirienne impose le traitement, pas celle du Rhône. La décision semble incohérente à l'agriculteur et compromet son travail en bio, il décide de s’y opposer et s’en trouve poursuivi par l’État.

Mardi 15 décembre, le tribunal a donné raison au vigneron qui sera relaxé si le parquet ne fait pas appel dans les dix jours. Interrogé par Le Point, Thibault Liger-Belair a salué sa victoire, expliquant avoir voulu « dénoncer les aberrations d'une décision administrative qui ne tient pas compte d'une réalité agronomique. Je voulais aussi que le débat soit lancé, qu'à l'avenir les décisions soient prises avec davantage de discernement et de concertation entre l'État et la profession pour éviter que d'autres vignerons se retrouvent devant les tribunaux. »

Commentaires