Comment le pétrole que vous mangez sans le savoir tue votre libido

femme portant une cuillère de yaourt à sa bouche
Comment le pétrole que vous mangez sans le savoir tue votre libido
Par Camille Anger publié le
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De très nombreux produits de la vie courante sont issus de la pétrochimie. Ils contiennent des substances dangereuses pour la santé. Générations Cobayes et l’illustratrice Cy, dans une BD Comment le Pétrole a niqué notre libido illustrent avec humour les conséquences de cette exposition quotidienne au pétrole jusque dans notre sexualité.

Qui pense, derrière son rideau de douche, à des tas de produits cachés dérivés du pétrole mais surtout nocifs pour la santé ? Dans une  BD au nom évocateur Comment le pétrole a niqué notre libido, imaginée et publiée sur le site Générations Cobayes, l’illustratrice Cy dessine avec simplicité et humour la façon dont l’industrie de la pétrochimie s’est immiscée dans la vie de tous les jours. Produits cosmétiques et d’hygiènes, textiles et emballages, alimentation, tout y passe.

Pour dénoncer les conséquence de l’omniprésence du pétrole dans nos produits de tous les jours, Générations Cobayes et Cy définissent les termes nécessaires à la compréhension du problème. D’abord, le pétrole, qu’est-ce donc déjà ?

Il pourrait être la cause de bien des maux, en particulier hormonaux. Si votre libido se met en berne, interrogez-vous car le pétrole s’invite partout.


Les produits issus de la pétrochimie

Les substances produites grâce à la pétrochimie permettent de fabriquer des objets, notamment plastiques. On le sait moins, mais les dérivés du pétrole servent également à l’industrie alimentaire. La BD détaillent comment « les arômes de plantes fossilisées » et pesticides ont pris place dans l’alimentation de manière insidieuse. La dessinatrice évoque notamment les arômes naturels et artificiels de certains aliments, tous deux fabriqués de manière industrielle contrairement aux arômes étiquetés « extrait naturel de... ».

Autre substance à limiter, le bisphénol A ou BPA : il sert à la fabrication de plastiques rigides et se retrouvent dans les, vitrages, boîtes de conserves, canettes en aluminium et divers ustensiles plastiques comme les jouets ou instruments médicaux, une liste non exhaustive. Ce composant évite au plastique de casser lors de chutes.

Les phtalates, assouplissants souvent employés pour la confection de motifs imprimés synthétiques sur les T-shirt, pyjamas, casquettes, pulls s’avèrent être dangereux. Vingt marques de vêtements destinées à des enfants, et testées par Greenpeace dans une étude de 2012, en contenaient une dose 370 fois supérieures à la dose autorisée.

Neuf fois sur dix, ce produit plastique sert à fabriquer des supports en PVC qui envahissent toutes les sphères du quotidien : jouets, consoles de jeux, encres, chaussures, rideaux de douche, revêtement de vinyle et même sextoys. Le phtalate fixe également les parfums. Il s’est alors introduit dans les produits cosmétiques, coiffants et d’hygiène.

Quant à l’hydroxyanisol butylé dit BHA, lui aussi dérivé du pétrole, il protège les aliments ou cosmétiques de l’oxydation et a une action anti-mousse. On le retrouve dans les crèmes et lotions, baumes et rouges à lèvres.

C’est aussi un additif alimentaire capable de conserver goût, forme et odeur. Les gommes à mâcher, soupes déshydratées, margarine en contiennent tout comme des viandes, céréales, aliments riches en matières grasses. 

Le pétrole vient semer le trouble dans l’équilibre hormonal

Toutes ces expositions aux produits dérivés du pétroles ne sont pas sans conséquences sur la santé. Et notamment sur l’équilibre hormonal. Les phtalates ont pour effet de bloquer la testostérone, imiter les oestrogènes et modifier la production des hormones thyroïdiennes. En présence de matières grasses ou sous l’effet de la chaleur, ils s’infiltrent dans les aliments et peuvent pénétrer dans la peau. Depuis 1999, l’Union européenne interdit la présence de six phtalates dans les jouets et produits pour enfants de moins de trois ans.

Le BHA est reconnu en tant que perturbateur endocrinien (qui perturbe les système hormonal) et est suspecté d’être toxique pour la peau, le foie et les reins. Le bureau européen des substances chimiques considère, depuis 2003, le bisphénol A comme une substance préoccupante pour la fertilité de l’espèce humaine. Une loi de 2010 interdit la mise sur le marché des biberons en polycarbonate et a étendu cette interdiction à tout contenant alimentaire destiné aux nourrissons et enfants en bas âge en 2013. Des problèmes nerveux, hépatiques, hormonaux proviendraient de l’exposition à cette substance, même à faible dose. 

Comment réduire l’impact des perturbateurs endocriniens ?

La solution à adopter pour limiter l’impact de ces substances néfastes pour la santé est une affaire personnelle, d’après la dessinatrice. Plus qu’un soutien politique, elle convie tout un chacun à revoir son mode de consommation.

La liste est ouverte, vous pouvez :

Retrouvez l'intégralité de la bande dessinée sur le site de Génération Cobayes.

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