Nouvelle vidéo choc de L214 dans l’abattoir bio de Vigan

Par Mathieu Doutreligne publié le
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Dans une nouvelle vidéo mise en ligne mardi 22 février, l’association de défense du bien-être animal L214 enquête derrière les murs de l’abattoir certifié bio de Vigan et y dévoile des images insoutenables de cruauté. Faut-il se méfier de la viande bio ?

Quatre mois seulement après les images terrifiantes de l’abattoir d’Alès, L214 a relevé hier de nouvelles maltraitantes dans un abattoir bio situé à Vigan dans le Gard. Des images de violence gratuite présentées en vidéo par Nili Hadida, chanteuse du groupe Lilly Wood and The Prick et végétarienne convaincue. Selon l’association, même un abattoir bio ne garantirait pas un traitement correct de la vie animale lors de la mise à mort.

Des actes de cruauté

Les scènes filmées en caméras cachées par L214 sont une fois de plus effroyables. On y voit des animaux maltraités avant leur mise à mort. Des moutons apeurés sont lancés avec violence sur le sol par-dessus une barrière, des cochons sont martyrisés dans le couloir de la mort avec un aiguillon électrique, des bovins sont étourdis dans des box inadaptés et de façon hasardeuse, le tout dans une ambiance joyeuse pour les membres du personnel de l’établissement. Tout aussi grave, alors que les animaux sont censés être étourdis, puis abattus, les images montrent des signes de reprise de conscience avant la saignée. 


Attention, les images présentées dans cette vidéo peuvent choquer les plus sensibles

Un abattoir peut-il être certifié bio ?

Selon L214, l’abattoir de Vigan est certifié bio, fonctionne en circuit court et approvisionne commerçants locaux et boucheries de proximité. L'aspect local est mis en avant sur le site de la communauté de communes du Pays viganais : "tous les animaux abattus proviennent des exploitations alentour (100 km autour du Vigan) et toutes les viandes commercialisées sont vendues également autour de 100 km de l’abattoir: l’abattoir du Vigan est donc un abattoir qui fonctionne en circuits-courts".

Concernant l’aspect bio, les choses sont plus complexes qu’elles n’y paraissent. On peut abattre un animal en évitant de le faire souffrir, l’alimentation qu’il a reçue peut provenir de l’agriculture biologique et les conditions de son élevage peuvent s’inscrire dans une charte de conduite labellisée, mais l’abattage bio est plus difficilement certifiable.

Ce petit établissement de proximité est spécialisé dans la vente directe de viande certifiée bio. En réalité, seulement 5% de sa production est issue de l'agriculture biologique. On y tue chaque année 250 bovins, 200 cochons et 6 000 agneaux, soit 240 tonnes de viande par an.

La mort d'animaux d'élevage n'est jamais douce, mais est encadrée par une réglementation ayant pour but d'éviter toute souffrance inutile. Les abattages conventionnels prévoient un étourdissement des bêtes (à l'aide de pinces électriques pour les moutons et les cochons, et de pistolet à tige perforante pour les bovins) afin de leur éviter d'être conscientes au moment de leur mort. En cas d'échec, un second étourdissement doit être administré.

Un abattage bio est censé être exemplaire. Il doit exclure la souffrance de l’ensemble du processus d’abattage. Ecocert, l'un de ces organismes certificateurs du bio en France, détail sur son site que le débarquement des animaux doit se dérouler sans calmants ni utilisation de stimulation électrique, et la souffrance doit être réduite au minimum durant l'abattage.

"Nous avons une image idyllique de la production bio. En réalité, il n'y a pas de mort bio ou de mort douce. La viande heureuse n'existe pas.” Brigitte Gothière, porte-parole de L214

Comme le note Le Monde, la pratique de l'étourdissement est surtout encadrée par le règlement européen du 24 septembre 2009, ainsi que par le Code rural français. Or, elle concerne aussi bien l'abattage conventionnel et l'abattage bio.

Dans tous les cas, les images présentées par L214 montrent clairement un non-respect de la réglementation rurale lié à la souffrance animale. Des pratiques intolérables à condamner.

Une fermeture requise

L214 a porté plainte auprès du parquet d’Alès. L’association va même plus loin en demandant aux consommateurs, à travers une pétition, de réclamer auprès des sénateurs et des députés une enquête parlementaire pour étudier à la loupe le comportement de l’ensemble des abattoirs de France.

Le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll a dénoncé ce matin sur RTL "des manquements graves et des actes de maltraitance qui seront sanctionnés comme il se doit". Laurent Kauffman, responsable de l’établissement, explique à BFMTV être “particulièrement choqué. On voit des actes inadmissibles, scandaleux et ce n’est pas possible. Je n’ai jamais vu ça, je ne suis pas tout le temps sur le site, loin de là. Mais je n’ai jamais vu ça et je suis déçu.

Source : lemonde.fr - huffingtonpost.fr - bfmtv.com - cc-paysviganais.fr

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