L'agriculture s'ouvre au bio « sans a priori »

Par bioalaune publié le
500 lectures

  Le logo « AB » va être remplacé par un logo européen en 2010. : Archives Après avoir longtemps marginalisé la production biologique, les organismes du monde agricole normandfont un pas vers cette filière qui progresse rapidement dans la région.

« Tout le monde, il est bio ! ». Tel pourrait être le slogan fédérateur de la seconde conférence du Conseil normand de l'agriculture biologique, présidé par Michel Legrand. Elle a donné lieu à une véritable installation de l'agriculture bio dans le paysage agricole régional de la part des chambres d'agriculture et des multiples organismes agricoles publics et privés.

Chantal Pressy et André Vergnaud (DRAAF), l'ont démontré, « la Normandie n'est pas à la traîne dans la poussée de l'agriculture biologique en France ». Montée en puissance des conversions en 2008 et surtout en 2009, (voir la carte), aujourd'hui les trois départements dépassent le seuil des 2 % de la surface agricole utile cultivée. L'Orne franchit même les 3 % et remporte la palme du plus « bio ».

10 000 ha en 2010

« On pourrait atteindre un niveau de demandes équivalent à 10 000 ha en 2010 », prévoit Jean-Pierre Picquenot, directeur du Groupement régional d'agriculture biologique. Une perspective qui fait déjà frémir les gardiens des caisses de l'État et des collectivités ! Toutefois, de nombreux freins subsistent, malgré l'intérêt croissant des consommateurs pour les produits naturels.

En signant une charte, avec le Conseil normand de l'agriculture bio, Jean-Pierre Fontaine, président de la Safer, engage son organisme à considérer les projets bio « sans a priori vis-à-vis des projets conventionnels ». Il faudra cependant lever de nombreuses réticences.

Les paysans bio sont ravis de cette évolution et de cette reconnaissance. L'agence de l'eau Seine-Normandie loue l'efficacité ce mode d'agriculture dans les stratégies de reconquête de la qualité de l'eau. Néanmoins, structurés autour de circuits de distribution courts, les « bio » veulent démontrer au consommateur qu'ils ne tomberont pas dans la banalité du nouveau logo européen. Ce dernier sera en effet moins contraignant que le label « AB » qu'il remplacera en 2010.

Le partenariat avec le réseau des Bio-coop, avec son logo « Ensemble pour plus de sens » est salué par tous les professionnels de la filière, comme une réponse possible à cette préoccupation.

François LEMARCHAND.
 

ouest-france.fr - lundi 07 décembre 2009

 

Commentaires