Néonicotinoïdes: plus de 650 000 signatures pour sauver les abeilles remises à Ségolène Royal

Ségolène Royal reçoit les 650 000 signatures contre les néonicotinoïdes
Néonicotinoïdes plus de 650 000 signatures pour sauver les abeilles remises à Ségolène Royal
Par Elodie Sillaro publié le
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669 102, c’est le nombre exacte de signatures recueillies au sein de la pétition qui demande l’interdiction des néonicotinoïdes, ces pesticides “tueurs d’abeilles”. Ce manifeste doit être remis aujourd’hui à Ségolène Royal, par plusieurs ONG, pour faire pression sur le gouvernement. 

Ce jeudi 16 mai, l’AFP (Union nationale des apiculteurs français) et des associations de protection de l’environnement doivent remettre officiellement la pétition contre l’utilisation des pesticides néonicotinoïdes qui déciment les abeilles à la ministre de l’environnement, Ségolène Royal.

Une mobilisation sans pareil

Une dizaine d’associations - dont la Fondation Hulot, Générations Futures, Humanité et Biodiversité, Agir pour la Biodiversité, Alerte des médecins sur les pesticides, l’UNAF, France Nature Environnement, le Syndicat Apiculteur Midi Pyrénées, l’Office pour les insectes et leur environnement, Noé - se sont mobilisées pour rassembler des milliers de signataires et faire pression sur le gouvernement afin de demander l’interdiction totale de ces pesticides.

“Une bataille féroce se déroule en ce moment même pour interdire les néonicotinoïdes, ces pesticides neurotoxiques qui déciment chaque année 300 000 colonies d’abeilles en France”, souligne la pétition. Il est vrai qu’il est rare de voir autant de signatures rassemblées mais le temps est compté. Ces dernières années, le nombre d’abeilles a diminué de 30% et la production de miel s’est effondrée en France, passant de 30.000 tonnes il y a 20 ans, à 15.000 en 2015.

Rappelons que 90% des quantités de ces pesticides déversés n’atteignent pas les semences et restent dans les sols plusieurs années. Quand ils ne les tuent pas directement, ces produits ravageurs perturbent le système nerveux des abeilles, leur reproduction et leur orientation, les décimant progressivement.

Une décision constamment repoussée

En mai dernier, les sénateurs s’étaient prononcés contre l’interdiction de l’utilisation des pesticides tueurs d’abeilles d’ici 2018, en marge des relectures du projet de loi sur la biodiversité. Mais, les discussions sur les néonicotinoïdes avaient été écartées.

Finalement, le Sénat avait supprimé cette date butoir au profit d'une diminution progressive, sans date limite. Les néonicotinoïdes continuent donc d’être autorisés en France pour une durée indéterminée. La suppression d’ici 2018 de ces pesticides a reçu le soutien de la ministre de l’Environnement Ségolène Royal, mais pas celui de Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture. “Je vais prendre mes responsabilités de ministre chargée de l’Environnement pour en effet faire en sorte que cette interdiction soit votée », a déclaré Ségolène Royal sur Europe 1,ce matin.

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