Le gouvernement autorise la ferme des 1000 veaux à doubler sa capacité d'accueil

des veaux derrière une barrière dans la ferme des 1000 veaux
Ferme des “1000 veaux”: feu vert du gouvernement pour doubler sa capacité d’accueil

Alors que la “ferme des 1000 vaches” ne cesse de faire polémique et que celle des “1000 veaux” lui succède, le gouvernement vient de donner, par décret, son feu vert pour doubler les capacités d’accueil des fermes-usines.


Début décembre, l’ex-premier ministre Manuels Valls et la ministre de l’Environnement Ségolène Royale ont donné leur accord pour doubler les capacités d'accueil des très controversées fermes-usines. Un décret qui légitime des fermes comme celles des 1000 Vaches et des 1000 Veaux. Depuis des semaines, des associations de protection animale comme L-PEA (Lumière sur les Pratiques d'Élevage Animal) mènent une lutte contre l’ouverture de la “Ferme-usine des 1000 veaux” de la SAS Alliance Millevaches, située dans la Creuse.

Le gouvernement encourage l’élevage intensif


© France 3 Limousin

Via la publication d’un décret dans le Journal Officiel des lois et décrets, le gouvernement vient de légitimer purement et simplement les projets d’usine des 1000 Vaches dans la Somme et des 1000 Veaux dans la Creuse en relevant la capacité d'accueil de 400 à 800 bovins. Au-delà de 400 bovins, une étude d’impact sur l’environnement était obligatoire. Désormais, une simple déclaration en préfecture suffit pour ouvrir une ferme-usine. Au grand dam de ses opposants, le centre d’engraissement de la Creuse va pouvoir fonctionner à plein régime.

Dès le début, la structure avait été conçue pour accueillir davantage de veaux que prévu : jusqu'à plus de 800 simultanément. Un recours des opposants de l'association LPEA avait permis de repousser l’ouverture du centre d’engraissement qui devait se contenter d'ouvrir avec moins de 400 animaux. Mais, un décret signé par Manuels Valls et Ségolène Royal modifie la nomenclature du code de l’environnement: une simple déclaration en préfecture suffit désormais pour l’ouverture d’un élevage de bovins destinés à l’engraissement. Pour Aurore Lenoir, porte-parole de LPEA, ce décret soulève beaucoup “d'interrogations et de colère”.

“Il n’y aura plus d’étude d’impact sur l’environnement et le décret prévoit un allègement des contrôles alors que ce sont des structures qui ont un impact négatif sur l’environnement et le bien-être des animaux. Peu de normes sont déjà appliquées et ce décret, légitimant les fermes-usines, est catastrophique.”

Une catastrophe écologique et éthique


Manifestation contre la ferme des 1000 veaux - © Fondation Brigitte Bardot

Alors que la condition animale ne cesse d’animer les débats et que les scandales s’enchaînent, les fermes-usines pullulent attisées par le productivisme tandis que les conditions de vie des animaux des élevages industriels restent insoutenables. Aurore Lenoir explique:

“Les bovins ont à peine 3m2 pour bouger. Ils sont engraissés dans la Creuse et abattus en Ile- et-Vilaine, on les transporte sur plus de 500 km. Destinés au marché du sud de la méditerranée, ils sont égorgés à vif mais une partie de la viande est destinée au marché français. Elle revient dans nos circuit sans mention aucune ni sur le type d’élevage, ni sur l'abattage."

800 bovins au sein d’une même ferme est une véritable atteinte à l’environnement et au bien-être animal. En plus de vivre dans des conditions misérables, ils sont transportés sur des centaines de kilomètres puis égorgés, cruellement, sans étourdissement préalable. Il y a un véritable défaut d’étiquetage et d'abattage. À ce titre, l'association CIWF lance une pétition pour exiger l’étiquetage obligatoire du mode d’élevage (à retrouver ici). Avec une telle promiscuité des animaux, on augmente également le risque de maladies, de virus, de mutation de ces virus et donc l’utilisation antibiotiques. L’usage massif des antibiotiques pour les animaux d'élevage contribue au développement de l’antibio-résistance chez les humains et favorise le développement de super-bactéries alors qu’il suffirait d’améliorer les conditions d’élevage. Or, avec ce nouveau décret, cela risque d’être compromis. Mais, restons mobilisés contre l’élevage intensif !

Boycotter la viande d’Intermarché

Sur 8000 m2, la ferme des 1000 veaux va engraisser environ 1.400 veaux par an. Les animaux y resteront entre 200 et 240 jours, le temps de doubler leurs poids. Symbole de l'agro-industrialisation et de l'exploitation animale à outrance, ce projet n’a pour unique client que le Groupe Intermarché. En effet, la ferme-usine a signé un contrat pour distribuer la viande de ces veaux sous l’enseigne Intermarché. Pour agir et ne pas contribuer à cette ferme-usine, il faut boycotter la viande d'Intermarché.

L-PEA indique poursuivre son action: “nous réfléchisson à tous les moyens possibles en déposant recours, en se mobilisant avec d’autres associations, déposant une contestation devant le conseil d’État et en faisant pression sur Intermarché pour freiner le fonctionnement de la ferme des 1000 veaux”

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