Italie : un congé menstruel accordé pour les règles douloureuses

une femme allongée sur le canapé a des règles douloureuses
Italie : un congé menstruel accordé pour les règles douloureuses
Par Elodie Sillaro publié le
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Depuis quelques jours, l’Italie étudie un projet de loi visant à attribuer aux femmes souffrant de règles douloureuses un congé menstruel de 3 jours. Un projet très avant-gardiste qui ne plaît pas à tout le monde.

Le 13 mars dernier, quatre députés démocrates ont présenté une proposition de loi qui prévoit la création d’un congé menstruel pour les femmes ayant des règles douloureuses. Le but ? Mettre les femmes au repos pendant 3 jours - sous certificat médical - sans perte de salaire. Une première en Europe.

Les règles douloureuses, une réalité

Maux de ventre, de dos, de tête, douleurs spasmodiques parfois même nausées, vomissements, troubles intestinaux, voilà des symptômes bien connues des femmes. En Italie, 60 à 90% des femmes seraient sujettes aux dysménorrhées, des douleurs invalidantes qui altèrent la qualité de vie et empêchent parfois d’exercer son activité professionnelle. Si cette proposition de loi est adoptée, elles permettraient aux femmes de bénéficier de trois jours de congés payés sur présentation d’un certificat médical annuel.

Ce congé menstruel n’est d’ailleurs pas une nouveauté car il est applicable dans certains autres pays et notamment en Asie. Les japonais sont les pionniers mais ce congé allant d’un à trois jours est applicable également à Taiwan, en Corée du Sud, en Indonésie et dans plusieurs provinces de Chine. Cette initiative italienne serait donc une première en Europe.

Des inquiétudes soulevées

En théorie, l'initiative est réjouissante. En pratique, elle pourrait creuser le fossé de l'inégalité au travail entre les hommes et les femmes en augmentant le coût du travail des femmes, ce qui aurait pour conséquence de faire réfléchir certains employeurs à deux fois avant d’embaucher une femme.
Quoiqu’il en soit, on constate une évolution des mœurs. Et, désormais,il est possible de parler ouvertement d’endométriose, de dysménorrhées ou de protections hygiéniques, des thématiques qui relevaient jusqu’ici de tabous. Pour l’heure, la question française n’a pas été soulevée.

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