Pesticides: des quantités hors normes de glyphosate dans les urines de 30 “cobayes”

Pesticides: des quantités hors normes de glyphosate dans les urines de 30 “cobayes”
Pesticides: des quantités hors normes de glyphosate dans les urines de 30 “cobayes”
Par Elodie Sillaro publié le
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Après avoir révélé la présence de perturbateurs endocriniens dans les cheveux des députés écologistes, l’association Générations Futures a testé l’urine de 30 personnalités pour évaluer la présence de glyphosate, herbicide cancérogène le plus vendu au monde. Les résultats sont positifs et au-dessus des normes sanitaires.

L’association Générations Futures a analysé le taux de glyphosate dans l’urine de 30 personnes connues et inconnues. Le panel était d’âges et sexe variés, entre 8 et 60 ans, habitant en ville ou à la campagne, à l’alimentation variable, biologique ou non, végétarienne ou non. Résultats, 100% des tests sont positifs et les taux sont hors-normes.

Des concentrations bien au-dessus des normes

Générations Futures a rendu public ses résultats : 100% des échantillons contiennent des résidus de glyphosate, molécule classée cancérogène probable par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) et matière active herbicide la plus utilisée au monde (notamment sous le Round Up de Monsanto).

“Nous sommes toutes et tous contaminés par le glyphosate. Il est vraiment temps que les autorités européennes prennent conscience de l’urgence à agir et interdisent enfin cette molécule considérée comme probablement cancérogène pour l’homme.”

La concentration moyenne trouvée est de 1.25ng/ml d’urine, précise l’association, avec un minimum de 0.09 ng/ml et un maximum de 2,89 ng/ml (soit 32,11 fois plus élevée que la valeur la plus faible). Dans la quasi-totalité des cas (29 sur 30), la concentration est supérieure à la concentration maximale admissible pour un pesticide dans l’eau de 0.1 ng/ml.

Tous exposés

Les réglementations européennes interdisent l’utilisation de pesticides lorsqu’ils sont considérés comme cancérogènes “certains” ou “probables”. Pourtant, depuis deux ans, c’est une éternelle bataille législative et scientifique. Alors que le CIRC avait jugé le glyphosate comme probablement cancérogène en mars 2015, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) concluait l’inverse, quelques mois plus tard. En mars dernier, l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) venait une nouvelle fois blanchir le glyphosate.

En mai 2016, une enquête semblable avait été lancée à l’initiative des députés européens qui s’étaient soumis à des tests d'urine pour dénoncer l'omniprésence de ce pesticide à l’approche du renouvellement de l'autorisation de sa commercialisation pour 18 mois. Aujourd’hui, Générations Futures nous invite à signer l’Initiative Citoyenne Européenne demandant notamment l’interdiction de cette molécule dangereuse.

 

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