Comment protéger ses enfants des perturbateurs endocriniens ?

un enfant dans une maison avec ses parents
Comment protéger ses enfants des perturbateurs endocriniens ?
Par Elodie Sillaro publié le
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Selon 60 millions de consommateurs, nos enfants “sont tous contaminés” par les perturbateurs endocriniens. D’après leur dernière étude, des traces de dizaines de molécules toxiques ont été retrouvées dans leurs cheveux. Alors, comment protéger nos têtes d’ange ?

60 Millions de consommateurs a mené une étude sur 43 enfants de 10 à 15 ans, en recherchant 254 perturbateurs endocriniens dans leurs cheveux. Résultats, 100% des enfants étaient contaminés. L’association de consommateurs alertent sur l’effet cocktail de ces substances. Alors comment protéger nos enfants ? On fait le point avec Isabelle Doumenc, naturopathe spécialisée dans les questions de pollution.

Des résultats inquiétants

Les résultats montrent que des polluants ont été détectés dans les cheveux de tous les enfants. En moyenne, 34 molécules répertoriées comme des perturbateurs endocriniens ont été retrouvées dans une chevelure et jusqu'à 54 contaminants différents pour un même enfant.

“ Il est urgent que les pouvoirs publics nationaux et européens s'attaquent à ce risque sanitaire majeur !”, 60 millions de consommateurs.

Pour l’association, les conclusions de cette étude “suggèrent fortement” que les petits Français sont "tous contaminés”. Elle recommande aux parents de tout mettre en œuvre pour limiter l’exposition de leurs enfants (et la leur par la même occasion) à ces substances toxiques.

“La première source de pollution est l’alimentation. C’est dans ce domaine qu’il faut privilégier les changements d’habitude”, explique Isabelle Doumenc qui conseille de consommer le plus possible des fruits et légumes bio. "On rééquilibre son budget en mangeant moins de viande et de poisson et plus de protéines végétales ou d’œufs, qui sont moins chers à l’achat".

Comment se prémunir des perturbateurs endocriniens ?

Leur omniprésence contribue à l’ampleur de notre exposition quotidienne. Pour s’en prémunir et protéger nos enfants, il faut changer ses habitudes de vie. Voici les conseils d’Isabelle Doumenc :

  • Privilégiez les produits bio notamment pour l’alimentation, les cosmétiques ou les produits ménagers car ces molécules y sont interdites (les pesticides dans l’alimentation, les parabens, benzophénone, triclosan, entre autres dans les cosmétiques, les alkylphénols dans les produits d’entretien).
     
  • Préférez les objets d’occasion (meuble de chambre, vêtements pour bébé, peluches) qui n’émettent plus ces molécules nocives (retardateurs de flamme bromés ou les PFOA, matériaux anti-tâche, PCB) avec le temps.
     
  • Oubliez le plastique. Conservez et réchauffez les aliments dans des matériaux inertes comme le verre ou l’inox. Seuls les biberons en verre sont protecteurs. Le bisphénol A a été interdit dans les biberons en plastique mais la molécule chimique de remplacement (bisphénol S ou F) s’avère tout aussi perturbatrice pour nos systèmes hormonaux.
     
  • Aérez au moins 10 minutes par jour, déchaussez-vous en rentrant chez vous, faites la chasse aux poussières à l’aide de microfibres qui les attrapent plutôt qu’avec un chiffon qui les remet en circulation dans l’air.

Comment se débarrasser au mieux des toxines dans l’organisme ?

Cela commence par une alimentation la plus naturelle possible, brute et biologique mais aussi en évitant de se tartiner le corps avec des produits d’hygiène et cosmétique industriels. Pour éviter que notre foie, organe antipoison, ne soit pas en surcharge face à tous ces polluants, Isabelle Doumenc recommande :

  • d’éviter de l’engorger davantage avec des excès d’alcool, de graisses saturées des charcuteries ou des fromages, de consommer trop de sucres ou des quantités de féculents trop importantes.
     
  • de consommer quotidiennement des plantes ou oligo-éléments qui contribue à désengorger le foie comme des tisanes de romarin ou des eaux minérales soufrées (Courmayeur, Hepar et Contrex).
     
  • des dîners très légers, ponctuellement composés d’un seul aliment (soupe, jus ou bouillon de légumes, purée de pommes). “On peut ajouter des cures de plantes détoxifiantes: chrysantellum, artichaut, curcuma, radis noir (hors période de grossesse et d’allaitement)”.
     
  • pratiquer une activité physique. La transpiration et l’expiration sont des moyens d’évacuer les toxines. “30 minutes de marche tonique tous les jours, du sport plus intensif 2 à 3 fois par semaine et 1 sauna ou hammam une fois par semaine permettent à notre corps de mieux évacuer les déchets”.
     
  • s’hydrater. “Il faut boire en dehors des repas 1 litre et demi d’eau par jours et des tisanes à base de plantes drainantes : reine des prés, piloselle, pissenlit, hibiscus etc.”.

Pour aller plus loin

Perturbateurs endocriniens. Une bombe à retardement pour nos enfants, Isabelle Doumenc, Larousse, 2017, 192 p., 15,95 €.

Les perturbateurs endocriniens, c’est quoi ? Des molécules d'origine naturelle ou artificielle. Elles brouillent le système hormonal et entraînent de graves problèmes de santé (obésité, diabète, troubles de la reproduction ; dysfonctionnement de la thyroïde, cancers…).  

Les perturbateurs endocriniens sont partout dans notre quotidien : cosmétiques, plastiques et emballages, mobilier, revêtements… Le livre est composé de deux grandes parties : Comprendre ce que sont les perturbateurs endocriniens et comment agir au quotidien.

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