Bientôt onze vaccins infantiles obligatoires ?

un bébé en train de se faire vacciner par un médecin
Bientôt onze vaccins infantiles obligatoires ?
Par Elodie Sillaro publié le
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La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, envisage de rendre 11 vaccins infantiles obligatoires. Aujourd’hui, seuls trois le sont. Les réactions ne se sont donc pas fait attendre.

Depuis plusieurs années, la question des vaccins fait débat. Le dossier avait déjà été engagé par l’ex-ministre de la santé Marisol Touraine et est aujourd’hui repris par Agnès Buzyn. Dans une interview au Parisien, l’actuelle ministre des Solidarités et de la Santé a déclaré réfléchir “à rendre obligatoire, rendre obligatoires les onze vaccins pour une durée limitée” pour les enfants.

11 vaccins obligatoires pendant 5 à 10 ans

Aujourd’hui, seuls trois vaccins infantiles sont obligatoires : diphtérie, tétanos, et polio. Ils font l’objet de trois injections groupées : deux à l’âge de 2 et 4 mois, suivies d’un rappel à l’âge de 11 mois. Les rappels sont recommandés à l’âge de six ans (combiné avec la coqueluche), puis 11 et 13 ans.

En outre, la ministre réfléchit à ajouter à l’obligation de vaccination huit autres vaccins : coqueluche, rougeole, oreillons, rubéole, hépatite B, bactérie Haemophilus influenzae, pneumocoque, méningocoque C. Pour Agnès Buzyn, ce double système de vaccins obligatoires d’un côté, et recommandés de l’autre, pose un problème de santé publique : “Aujourd'hui, en France, la rougeole réapparaît. Il n'est pas tolérable que des enfants en meurent”.  

Une mesure qui divise

Au sein du milieu associatif et des experts, la question divise. Interrogé par Le Parisien, Jacques Bessin, président de l’Union nationale des associations citoyennes de santé (UNACS) évoque une ”hérésie” en raison “des effets secondaires neurologiques, musculaires mal mesurés et parfois irréversibles”. En revanche, pour Alain Fischer, président de la concertation citoyenne sur les vaccinations : ”Malheureusement il n’y a pas d’autres solutions pour lutter contre la recrudescence des maladies infantiles.”

La ministre suit les recommandations du comité sur la vaccination qui estimait, dans ses conclusions publiées en décembre, que cette vaccination obligatoire temporaire permettrait de remédier à la diminution de la couverture vaccinale liée à la défiance des français à l’égard des vaccins. Pour autant, la ministre ne souhaite pas qu’on lui “colle une étiquette” : “Il y a des fois où l'obligation est une bonne chose pour permettre à la société d'évoluer”.

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