Nouvelle réglementation bio : ce qui va changer

Ce qui va changer dans la réglementation du bio
Ce qui va changer dans la réglementation du bio
Par Elodie Sillaro publié le
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Alors que le bio est en plein essor ces dernières années, la Commission européenne envisageait d’assouplir les critères d’obtention du label européen depuis plus d'un an. La révision de la réglementation s’est finalement effectuée sereinement en évitant une bio au rabais !

Ce 29 juin, la réglementation faisait l’objet d’une révision, non sans crainte des professionnels et consommateurs. Les éventuelles modifications envisageaient des cultures hors-sol, la réduction du nombre de contrôles des exploitations et l’autorisation d’un seuil de pesticides.

Une bio menacée

Alors que la réglementation très stricte contraint parfois les agriculteurs à poursuivre leur production conventionnelle, la Commission Européenne souhaitait mettre en place des règles plus laxistes afin d’étendre la culture et la production bio. Cet assouplissement aurait permis aux grandes exploitations agricoles traditionnelles de tendre progressivement vers une production bio.

La certification d’un produit par le label bio est pourtant l’une des raisons pour lesquelles le consommateur achète ce type de produit. À termes, ce nouveau dispositif aurait mis à mal la confiance accordée au label européen et aurait incité les consommateurs européens à plus de vigilance sur l’origine des produits.

Peu d’avancement

C’est au terme de 20 mois de négociation que le règlement a été révisé mais de peu, au grand regret des agriculteurs et de la Fédération Nationale d’Agriculture Biologique (Fnab). Voici les grands axes prévus en vigueur au 1er juillet 2020 :

Pesticides : Les seuils de contamination aux pesticides - qui devaient être revus à la baisse - n’ont pas été mis en place. L’accord ne prévoit donc pas de seuil pour les substances non autorisées.

Contrôles : À la demande du Parlement, les contrôles des produits bio seront réalisés au moins une fois par an, et ce tout au long de la chaîne d’approvisionnement. En revanche, si aucune fraude n’a été détectée dans les trois ans, les contrôles pourront être espacés tous les deux ans.

Culture hors-sol : La culture hors-sol et en hydroponie (culture en eau répandue dans les pays du nord de l’Europe) divisaient la Commission qui souhaitait l’autoriser en bio et les agriculteurs bio français qui s’y opposaient. Pas d’avancée sur ce sujet, les pays qui bénéficiaient d’une dérogation pourront bénéficier de ma certification pour les cultures hors-sol.

Importations : Côté importations des produits hors UE, les mesures seront également renforcées. Bonne nouvelle, ils devront respecter le règlement bio européen.

 

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