Alimentation : Le “made in France” n’est pas toujours fiable

Alimentation : Le “made in France” n’est pas toujours fiable
Alimentation : Le “made in France” n’est pas toujours fiable
Par Elodie Sillaro publié le
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Derrière notre sympathique et rassurant drapeau placardé sur les produits alimentaires se cachent de véritables arnaques. C’est ce que dénonce l’association Food Watch : si certains produits sont bien fabriqués en France, leurs ingrédients proviennent parfois de l’autre bout du monde.

Drapeau tricolore, mention “France”, carte de l’Hexagone, les industriels affichent fièrement notre pays sur leurs produits pour informer de leur origine. “Mais derrière cette abondance de bleu-blanc-rouge se cachent en réalité de véritables arnaques”, explique l’association de défense des consommateurs Food Watch.

Arnaques Made in France

"De grandes marques, des marques de distributeurs mais aussi bio mettent en avant le “made in France” pour des aliments qui ne contiennent parfois pas le moindre ingrédient français", déplore l’ONG, alors que la majorité des consommateurs se tournent vers des produits fabriqués en France. Neuf personnes sur dix sont même prêts à dépenser plus pour un produit fabriqué dans l’Hexagone, d’après un sondage Ifop. Les industriels de l’agroalimentaire l’ont bien compris et aiment manipuler la vérité. Retrouvez la liste sur Foodwatch.

Des cornichons Charles Christ conditionnés en France mais en provenance de l’Inde, un cidre Bio village fabriqué en France mais sans mention de l’origine des pommes, une tarte aux framboises Carrefour cuisinée en France avec des fruits provenant de la Serbie et d’Amérique du Sud ou des raviolis Buitoni et des lardons Madrange arborant un drapeau tricolore mais dont la viande est étiquetée « Union européenne ». Plusieurs autres marques sont concernées par l’enquête et ne sont sûrement pas les seules en supermarché.

Une ambiguïté qui profite aux industriels

Selon Karine Jacquemart de Foodwatch, “rien ne contraint les fabricants à indiquer la vérité sur l’origine des ingrédients qui composent les aliments”, excepté la viande et le lait des plats préparés, depuis la mesure de Stéphane Le Foll, ancien ministre de l’Agriculture, en 2017.

De même, les labels issus du terroir de France sont à prendre avec des pincettes. On constate un chauvinisme alimentaire de la part des consommateurs par souci d’aider nos agriculteurs, de consommer local et de profiter de produits de qualité. Mais, selon la dernière enquête du dernier Hors-Série de 60 Millions de consommateurs, tous les labels ne se valent pas et les étiquettes sont parfois trompeuses, notamment sur les marchés. Contre son gré, le consommateur achète un produit en pensant valoriser le travail d’un petit producteur mais, en réalité, il entretient une multinationale. La solution est de se tourner vers des labels fiables et plus rigoureux comme Demeter ou Nature et Progrès ainsi que les certifications AOP (Appellation d’origine protégée) ou IGP (Indication géographique protégée).

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