L’agriculture bio en 2017 : un boom et des risques de pénurie

L’agriculture bio en 2017 :  un boom et des risques de pénurie
L’agriculture bio en 2017 : un boom et des risques de pénurie
Par Elodie Sillaro publié le
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L’Agence Bio a rendu publique, ce vendredi 15 septembre, les chiffres du premier semestre. Résultats, l’agriculture bio séduit de plus en plus de consommateurs et doit relever à de nouveaux défis notamment pour répondre à cette demande et faire face aux pénuries.

Les Français sont de plus en plus sensibles à la qualité de leur alimentation et l’impact de leur consommation sur l’environnement. Après deux années records, en 2015 et 2016 (grâce au lait et au vin), le secteur du bio poursuit ainsi son ascension.

Une floraison de fermes bio

L’Agence Bio, chargée de l’information et du développement de l'agriculture biologique, compte près de 19 nouvelles fermes bio chaque jour en France. Elle estime que la surface cultivée selon le mode biologique en France s’élève à 6,5 % de la surface agricole utile. Les fermes bio représentent désormais 8 % des exploitations agricoles françaises. Les régions les plus actives poursuivent leur développement, notamment l’Occitanie ainsi que les régions Auvergne-Rhône-Alpes et Nouvelle-Aquitaine

La bio face à des pénuries

Face à l'engagement pour des produits naturels, l’agriculture bio doit faire face à de nouveaux défis et l’Agence Bio s’inquiète d’éventuelles pénuries.

“Les ventes sont en partie freinées par des pénuries, notamment pour le lait, certains fruits et légumes, les viandes et œufs, et le vin” explique Florent Gulh, directeur de l’Agence Bio

À ce jour, 71 % des produits bio consommés sont produits en France, et ce taux s’élève à 81 % lorsque sont exclus les produits exotiques. La bio doit faire donc faire face à de nouveaux défis pour préserver sa production sur le territoire français.

“Si on ne fait rien aujourd'hui, la France risque de dépendre de l'importation pour sa consommation bio d'ici une dizaine d'années”, alerte le directeur de l’Agence Bio

En 2017, la filière laitière est la première production pénalisée par des conditions climatiques défavorables alors qu'elle battait tous les records de la bio en 2016. L’Agence Bio constate donc une baisse de la collecte de  lait de vache bio au premier semestre qui, selon elle, devrait connaître une nouvelle dynamique grâce à la vague de conversion des producteurs en bio. Bonne nouvelle donc pour la filière laitière biologique et les consommateurs. 

Un bio plus accessible

Appréciant la qualité des produits biologiques selon l’enquête Tendances de Consommation du CRÉDOC, 7 Français sur 10 consomment des produits bio au moins une fois par mois et 8 sur 10 estiment que le développement du mode de production biologique est important. Or, l’offre et le prix peut parfois freiner le consommateur. Ce pourquoi, la bio met en place des initiatives pour développer son accessibilité.

Pour exemple, le défi Familles à Alimentation Positive invite toutes les familles qui le souhaitent à apprendre à consommer bio sans augmenter leur budget. Pour rendre le bio plus accessible aux populations en situation de précarité, l’association Vers un Réseau d’Achat Commun (VRAC) s’attache à créer des groupements d’achat de produits bio dans les quartiers prioritaires. Le projet « Bio Vrac pour Tous », cocréé par le GESRA (Groupement des Épiceries Sociales et Solidaires Rhône-Alpes Auvergne) et le Fonds de Dotation Biocoop, ouvre quant à lui l’accès à la Bio en vrac dans des Épiceries Sociales et Solidaires.

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