Comment les selfies nuisent aux animaux sauvages ?

Par Elodie Sillaro publié le
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Sur les réseaux sociaux, les animaux suscitent beaucoup d’intérêt. Girafe, paresseux, éléphant, dauphin, serpent, aucun animal n’est épargné par les selfies des touristes. Or, ces derniers incitent au braconnage et à l’exploitation d’animaux sauvages par les tours-opérateurs et attractions touristiques. Les animaux sont maltraités afin de les rendre dociles pour les selfies des touristes.

Cet été, un dauphin mourrait, sur une plage du sud de l’Espagne, à la suite d’un stress intense causé par les touristes agglutinés autour de lui pour faire des selfies. Cette triste et grotesque situation s’était déjà produite l'année passée sur une plage d’Argentine : deux dauphins de la Plata ont été manipulés par des touristes qui se prenaient en selfie avec les cétacés. L’un deux est mort pour être resté trop longtemps hors de l’eau. Jusqu'où ira la mode des selfies ?

Des animaux maltraités pour les rendre dociles

C’est notamment sur le réseau social d’images Instagram que le boom des photos avec des animaux sauvages a explosé. Or, derrière ces photos empreintes de légèreté se cachent des images bien plus horribles. Selon l’ONG World Animal Protection, ces selfies incitent au braconnage et à l’exploitation d’animaux sauvages par des tour-opérateurs. Ces derniers enlèvent, séquestrent et maltraitent les animaux pour les rendre dociles lors des selfies. La cruauté infligée à ces derniers est malheureusement invisible aux yeux des touristes insouciants.

“En Amazonie, les nombreux vendeurs de selfies vont chercher les paresseux au sommet des arbres. Ils arrachent ces animaux calmes et doux à leur habitat sauvage et les forcent à vivre dans des endroits bruyants et agités, où ils sont constamment manipulés par les foules de touristes”.

Selon leur enquête, plus de la moitié des attractions touristiques de leur recherche offrait l'opportunité de prendre des selfies et de toucher les animaux. Et, plus de 40% des selfies avec des animaux sauvages sur Instagram seraient en lien avec l’exploitation animale. Au Brésil et au Pérou, l’ONG a découvert des animaux maltraités et malades. Parqués dans des boîtes, enchaînés, enfermés dans des cages, maltraités, les animaux sont brisés psychologiquement pour se montrer dociles dans les mains des touristes.

Le selfie reste flou à la souffrance qu’on inflige aux paresseux, aux caïmans, aux anacondas et autres, afin de les rendre assez soumis pour se laisser prendre en photo. Ces animaux arrachés à leur mère en bas âge sont gardés en secret, entassés dans des conditions insalubres.

L’ONG a appelé Instagram à prendre des mesures. Sur son site, elle a mis en ligne une pétition “Le code du selfie de voyage” pour dévoiler la réalité des selfies avec des animaux sauvages au grand jour.

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