Agriculture : la grosse enveloppe prévue par le gouvernement pour développer le bio

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Agricuture : le gouvernement prévoit 1 milliard d'euros pour développer le bio
Par Elodie-Elsy Moreau publié le
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Bonne nouvelle pour les consommateurs et les agriculteurs ! Le gouvernement vient d’annoncer un soutien public de 1,1 milliard d'euros sur cinq ans pour favoriser la conversion en agriculture biologique des exploitations. L’objectif d’ici la fin du quinquennat : faire passer de 6,5 à 15 % les terres cultivées en bio.

Selon un document que l'AFP a pu consulter, le gouvernement prévoit une enveloppe de 1,1 milliard d'euros pour développer l'agriculture biologique en France dans les cinq ans à venir. Cette annonce confirme une information du Figaro publiée mercredi 4 avril dernier.

1,1 milliard d'euros pour le bio

Cette enveloppe de 1,1 milliard d'euros représente une augmentation de 62 % par rapport à la somme allouée lors du précédent plan Ambition bio. Le gouvernement espère faire passer de 6,5 à 15 % les terres cultivées en bio d'ici à la fin du quinquennat. L’objectif étant de répondre à la demande grandissante des consommateurs français pour ce secteur.
Dans un communiqué, le réseau Fédération Nationale d'Agriculture Biologique des régions de France (FNAB) a salué cette disposition encourageante. "Il ne reste aujourd'hui que 65 millions d'euros de fonds publics, tous financeurs confondus, pour financer la bio jusqu'en 2020, nous ne pouvons donc que nous réjouir de ces annonces que nous appelions de nos vœux depuis maintenant un an et qui sont à la hauteur des enjeux de développement de l'agriculture biologique", indique Stéphanie Pageot, présidente de la FNAB.

Comme l’avance la fédération,  "ce montant permettra de terminer correctement la programmation européenne et sécurise la programmation suivante en donnant aux agricultrices et agriculteurs de la visibilité."

Une enveloppe exclusivement consacrée à la conversion

Si aujourd’hui, le bio représente 4 % de l’alimentaire français, ce marché s’étend à une allure très importante. Mais l’offre actuelle est parfois insuffisante face à l’engouement des consommateurs, comme le soulignait une étude de la compagnie d’assurance-crédit de la Coface, publiée en décembre 2017. "La consommation du bio augmente plus vite que l'offre depuis 2016 et la France a recommencé à importer", soulignaient alors les auteurs de l’enquête. Actuellement, la France importe près de 30 % des produits bio qu'elle consomme. Et en 2016, plus de la moitié des fruits, des boissons et des produits d'épicerie, plus d’un quart des légumes et moins de 10 % des produits laitiers consommés bio ont été importés. Ce nouveau soutien public annoncé par le gouvernement permettra donc le développement du secteur dans l’Hexagone, primordial pour satisfaire la demande.
Alors concrètement, d’où proviennent ces financements ? Les aides européennes, provenant des fonds Feader (fonds européen agricole pour le développement rural), s’élèvent à 630 millions d’euros. Mais sur ce point, la FNAB s’interroge. "Ce montant de 630 millions d'euros correspond au montant du transfert effectué en juillet dernier entre le pilier 1 et le pilier 2 de la politique agricole commune. Nous voulons donc savoir si c'est bien cet argent qui sera attribué en totalité à la bio ou si l'Etat pense effectuer un second transfert pour financer ce soutien", écrit le FNAB. Ce financement public se compose aussi de 200 millions de co-financement de l'État, complétés d'autres financements publics, en provenance principalement des agences de l'eau.

"Traditionnellement, les agences de l'eau font aussi du financement de l'agriculture biologique", a indiqué à l'AFP Sophie Delaporte, directrice de cabinet du ministre de l'Agriculture Stéphane Travert.

Cette dernière évalue entre 170 et 200 millions d'euros les financements que ces dernières pourraient apporter. 

Agriculture bio : où se situe la France ?

La France se trouve sur la troisième marche du podium du marché mondial du bio, juste derrière les États-Unis et l'Allemagne. Au niveau européen, en 2015, la France représentait un cinquième du marché bio de l'UE, et se situait en 2e position, derrière son voisin allemand. Avec 13 % de la surface agricole utilisée (SAU) bio de l'UE, la France était, en 2016, 3e "pour ce qui concerne les surfaces agricoles cultivées en bio", indique l’Agence Bio. Néanmoins, elle se situe à la 18e position concernant la part de son territoire allouée à l’agriculture biologique. Avec 21,9 % de la SAU en 2016, l’Autriche est le pays de l’Union européenne où la part de la surface certifiée bio et en conversion dans le territoire agricole national est la plus importante. Suvaient la Suède (18,2 %) et l’Estonie (18,0 %). La marge de progression est donc encore importante pour l’Hexagone. L’agrandissement des exploitations et les conversions vers ce secteur pourraient permettre d’une part de réduire les importations mais surtout de réduire les risques de contamination en pesticides de l’agriculture conventionnelle sur des terres d’exploitations bio.

 

Sources :
AFP
Communiqué de presse FNAB
Coface.fr
Eurostat
Agence Bio, rapport 2017

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