Automédication : la liste noire des médicaments selon 60 millions de consommateurs

Automédication : la liste noire des médicaments selon 60 millions de consommateurs
Automédication : la liste noire des médicaments selon 60 millions de consommateurs
Par Cécilia Ouibrahim publié le
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Et si les médicaments, au lieu de nous soigner, nous rendaient malades ? Paracétamol, Ibuprofène, aspirine… ces antidouleurs sont souvent utilisés en automédication. Une pratique répandue qui permet de soulager des symptômes simples mais qui peut s’avérer dangereuse selon 60 millions de consommateurs.

Dans son numéro du mois de mai paru le 26 avril, le mensuel 60 millions de consommateurs a publié une enquête sur les dangers des antidouleurs vendus en automédication en pharmacie. Une analyse au cours de laquelle les experts ont examiné 28 antidouleurs courants. Alors que la plupart des marques testées sont à éviter, le magazine dresse sa liste noire des médicaments sans ordonnance.

Automédication, une pratique controversée

Tous les maux ne sollicitent-il pas une consultation chez un médecin ? Dès les premiers symptômes, un coup d’oeil à l’armoire à pharmacie ou un passage chez l’apothicaire du coin et la douleur disparaît. C’est ainsi qu’en France, près de 500 millions de boîtes de médicaments sortent des officines chaque année.
L'automédication est devenue un réflexe pour près de 85 % des Français selon une étude de l’AFIPA (Association française de l'industrie pharmaceutique pour une automédication responsable).
Sans ordonnance ni avis médical, plus de 4000 produits pharmaceutiques peuvent être délivrés par les pharmaciens à la simple demande des clients. Des médicaments ayant reçu l’autorisation de mise sur le marché et qui se passent d'ordonnance.
La facilité à se procurer du paracétamol, de l’ibuprofène et de l’aspirine en vente libre dans les pharmacies encouragerait l’automédication qui peut s'avérer dangereuse selon 60 millions de consommateurs.

“Le paracétamol n’est pas un bonbon”

Si les médicaments analysés peuvent soulager une douleur légère à modérée, les experts s’accordent à dire qu’ils ne sont pas sans risque surtout s’ils ne sont pas consommés au bon dosage. Le magazine alerte notamment les consommateurs contre les dangers des additifs et des dosages du paracétamol. 
Les différentes déclinaisons de Doliprane (Doliprane 1000 mg, Efferalgan 1 g, paracétamol 500 mg) sont à éviter à cause de la présence de gluten, lactose, sodium, saccharose, sorbitol ou aspartame en fonction des différents dosages. Des substances controversées, potentiellement allergisantes ou contre-indiquées dans le cas de certaines pathologies.

"Le paracétamol n'est pas un bonbon. À 3 g par jour, il est anodin. À 10 g par jour, il devient potentiellement mortel", alerte le Pr François Chast, de l'Académie nationale de pharmacie interrogé par 60 millions de consommateurs.

Le paracétamol peut également devenir toxique pour le foie lorsqu’il est mal dosé ou associé à une importante consommation d’alcool, pour contrer une gueule de bois par exemple. Un mariage qui peut s’avérer très nocif. 

"Les deux produits sont détoxifiés par les mêmes enzymes hépatiques, les mêmes types de mécanismes cellulaires. Et donc, à un moment, quand on a consommé trop d’alcool, on a épuisé ses chances de détoxification du paracétamol et il devient toxique pour le foie, au point qu’on peut avoir de véritables lyses hépatiques", confirme François Chast, interrogé par France Info.

Selon 60 millions de consommateurs, le paracétamol est néanmoins l’antidouleur qui obtient la meilleure balance bénéfice/risque. Certains médicaments qui en contiennent, tel que le Caradol 500mg Caféine®, sont "à proscrire" pour leurs effets indésirables.

Ibuprofène et aspirine, des anti-douleurs dangereux

60 millions de consommateurs préconise l’ibuprofène en second choix, ses effets indésirables étant plus nombreux que pour le paracétamol. Et pour cause : la molécule peut s’avérer toxique notamment pour le foie. L’Ibuprofène est donc à prohiber déconseillé chez les personnes souffrant d’une insuffisance rénale.
Les experts de 60 millions de consommateurs estiment que la liste des risques potentiels s’allonge, avec l'apparition de troubles digestifs allant d’une sensation d’inconfort jusqu’à un éventuel ulcère. L’Ibuprofène Arrow 200 mg, épinglé comme "additif préoccupant" est fortement déconseillé par le mensuel. 

Concernant l’aspirine, 60 millions de consommateurs conseille de ne l’utiliser qu’en derniers recours, et ce en raison d’un ratio « bénéfice-risque défavorable ».
Tous les médicaments contenant de l’aspirine sont épinglés et listés dans la case à proscrire. En cause ? La toxicité hépatique et rénale de la molécule ainsi que les risques de saignements gastro-intestinaux qu’elle engendre. Le magazine met également en garde le consommateur “tellement habitué à l’aspirine qu’il en oublie, qu’il en ignore ou minimise les risques”.
Le professeur Chast, interviewé dans le cadre de l’enquête, estime que l’aspirine ne devrait plus être conseillée pour soulager la douleur si on tient compte du rapport bénéfice/risque.

"Aujourd’hui, sa seule indication raisonnable est la prévention de l’agrégation plaquettaire chez les personnes qui ont des troubles cardio-vasculaires, et donc, c’est le cardiologue qui prescrit l’aspirine."

Il faut donc privilégier le repos avant de se précipiter vers les anti-douleurs. Préférez également les remèdes naturels, sains, inoffensifs et parfois encore plus efficaces que les médicaments chimiques ! Il est toutefois vivement recommandé de consulter l’avis de votre médecin.

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