On nous met du bio partout !

Par bioalaune publié le
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  Les produits bio plaisent de plus en plus et les rayons des supermarchés en regorgent. Du dentifrice aux opérateurs touristiques, les appellations bio foisonnent, et le consommateur s’y perd…  

Gare aux vendeurs de faux bio. A la faveur du lancement en ligne cette semaine des conseils destinés à éviter les arnaques de l’été aux Français, Hervé Novelli et le service des fraudes révèlent aujourd’hui dans nos colonnes la traque qui va être menée contre les abus du bio. « Tous les produits, alimentaire ou pas, mais aussi les services comme les campings, tout ce qui a une appellation bio sera ciblé », annoncent les pouvoirs publics.

Les PV pourraient pleuvoir cet été. L’an dernier, la DGCCRF Direction de la consommation et de la répression des fraudes avait réalisé 2 000 contrôles sur les établissements vendant du bio. Résultat : des dizaines de professionnels épinglés. « On a relevé trois types d’infraction. Du bio qui n’en est pas, du bio avec des pesticides ou du bio sans certificat », résume Marie Taillard, porte-parole de cet organisme. « Vu la progression de ce marché, il y a urgence à cibler le bio dans notre dispositif. » Rien qu’en alimentaire, le secteur a doublé en quatre ans et les cosmétiques bio, eux, affichent une croissance de 30 % par an. Tout y passe. Désormais, on trouve autant du site de rencontres bio que du pneu bio Goodyear. Une profusion due aussi à l’écolabel européen, applicable depuis février, et qui concerne tous les produits, papier toilette ou literie. « Ça devient du n’importe quoi », observe Marie-Jeanne Husset, directrice de « 60 Millions de consommateurs » (NDLR : lire page ci-contre) . Fondatrice du site d’information sur les produits verts, Elisabeth Laville voit là le résultat d’un « laxisme des pouvoirs publics ». « Si on s’était attaqué au problème dès le départ on n’en serait pas là. Aujourd’hui, on a 50 labels sur le bio et personne n’y comprend rien », peste-t-elle.

 

Le label européen contesté
 

Pour se déPour se démarquer, certaines marques comme Ecover ou Biocoop ont même décidé de délaisser le label européen, qu’elles ne jugent pas assez exigeant pour créer leur propre contrôle. » Sur l’action que va entreprendre l’Etat, Elisabeth Laville reste sceptique. « D’un côté, on va traquer la petite marque ou le gîte qui font de leur mieux et préserver de l’autre les grandes entreprises qui s’autorisent n’importe quoi », pronostique-t-elle. « Durant des années, on a laissé Danone vendre son yaourt bio alors qu’il était précisé en minuscule qu’il n’était pas issu de l’agriculture biologique. »marquer, certaines marques comme Ecover ou Biocoop ont même décidé de délaisser le label européen, qu’elles ne jugent pas assez exigeant pour créer leur propre contrôle. » Sur l’action que va entreprendre l’Etat, Elisabeth Laville reste sceptique. « D’un côté, on va traquer la petite marque ou le gîte qui font de leur mieux et préserver de l’autre les grandes entreprises qui s’autorisent n’importe quoi », pronostique-t-elle. « Durant des années, on a laissé Danone vendre son yaourt bio alors qu’il était précisé en minuscule qu’il n’était pas issu de l’agriculture biologique. »
 

 

Le Parisien - CLAIRE CHANTRY | 07.06.2010, 07h00

 

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