Les médicaments biologiques ou bio-médicaments

Par bioalaune publié le
9468 lectures

Les entreprises pharmaceutiques sautent à pieds joints dans un nouveau type de traitement, basé sur un système complexe de savoir-faire et de travail du vivant. Son nom : le bio-médicament. Bio à la Une mène l’enquête sur ce nouveau type de produits.

 

Les bio-médicaments : définition
Le tout premier bio-médicament a été lancé en France en 1984, ce fut de l’insuline recombinante. Aujourd’hui, 75% de ces médicaments ont été lancés il y a moins de 10 ans. Apparus principalement au cours des années 2000, les médicaments biologiques ont amélioré la qualité de vie de nombreux patients dont ceux atteints de certaines maladies spécifiques comme la polyarthrite rhumatoïde, la sclérose en plaques, les cancers ou l’asthme. Très efficaces, ces nouvelles approches thérapeutiques suscitent des questionnements, étant encore mal connues du grand public.
Par définition, un produit biologique est un médicament, vaccin ou sérum confectionné grâce à la synthèse d’organismes vivants ou de leur substance. On utilise des éléments naturels tels le sang, les animaux, les bactéries, les plantes et même les virus pour les produire. Au final, ces nouveaux médicaments sont plus complexes, les molécules sont environ 400 fois plus grosses que les autres et nécessitent plus d’étapes de fabrication.
Avec la création de ces nouveaux médicaments, les bio-similaires apparaissent. Simplement, le concept de médicaments génériques est appliqué aux bio-médicaments pour obtenir les bio-similaires. A savoir, lorsqu’un produit entre dans le domaine public, il est possible de lui confectionner un équivalent dans l’optique de la commercialiser et donc de réduire son prix (ex : l’aspirine et l’Efferalgan). La différentiation entre deux bio-médicaments est imperceptible.

 

Une solution onéreuse victime de son succès
Présents en nombre croissant dans les pharmacies et occupant une part grandissante dans l’industrie pharmaceutique, les médicaments biologiques font de plus en plus parler d’eux. On prévoit déjà qu’ils pourraient être majoritaires d’ici 2015. Cependant, attention à l’envolée des prix et à ses répercussions sur les régimes de remboursement.
Tous ces nouveaux médicaments bio arrivent à un moment opportun sur le marché car les brevets des leaders (traditionnels) arrivent à échéance. De plus, les substances utilisées par ces leaders, dans la fabrication en milliard d’exemplaires de leurs produits, se font plus rares. L’arrivée des « biologiques » vient apporter une solution à cette situation.
Leur part est estimée actuellement à plus de 11% du marché et le taux de croissance annuel est de plus de 12%. Une évolution qui n’est qu’à son commencement puisqu’actuellement 1200 médicaments sont disponibles et environ 6000 sont en attente et font l’objet d’études.

Ces produits ont tendance à être plus chers que ceux chimiques et traditionnels. La raison de cette différence est simple, les agents chimiques qui entrent dans la fabrication des produits pharmaceutiques synthétiques sont moins onéreux que ceux entrant dans la fabrication des biologiques. Une ordonnance classique à un coût moyen de 41€ alors qu’une ordonnance de produits biologiques monte facilement au-delà de 1000€.
Si ces médicaments prennent une place grandissante, c’est peut-être parce qu’ils génèrent beaucoup plus de chiffre pour ceux qui les vendent. Les trois protagonistes du marché, à savoir Enbrel, Remicade et Humira, ont chacun un revenu net de plusieurs milliards. Le prix élevé de ces médicaments se justifie car « ces produits sont beaucoup plus difficiles à développer » explique Pierre Falardeau, chef de la direction d’Oncozyme Pharma. Lors de la fabrication jusqu’à leur mise en marché, ces produits rencontrent de nombreux obstacles, comme l’utilisation de protocoles stricts. La fabrication d’un médicament biologique n’a rien d’ordinaire, contrairement à ceux conventionnels, établis par d’astucieux chimistes.
Aujourd’hui, 2,5% des demandes de remboursement concerne les biologiques alors qu’ils représentent 20% des coûts des régimes d’assurances. Etant plus chers, si le nombre de médicaments bio augmente, les coûts de remboursement vont exploser. On pourrait assister à une baisse des taux de remboursement et donc à une qualité de soin inférieure. A savoir également que la plupart de ces biologiques sont délivrés uniquement en hôpital.

 

De nouvelles possibilités en perspective
Des nouveautés vont être apportées grâce à ces nouveaux médicaments. De nouvelles solutions, différentes de celles actuelles, vont être amenées pour le traitement de certains cancers et de l’arthrite. Mais le secteur qui va le plus bénéficier de ces nouveautés est celui des maladies orphelines. Leur rareté et une rentabilité incertaine ont fait que l’attention n’a jamais été réellement donnée à ce genre de troubles, généralement d’origine génétique. Les choses ont été bouleversées avec l’arrivée des médicaments bio. Les géants des cosmétiques s’arrachent les petits laboratoires qui ont su développer ce genre de traitement de manière biologique.

 

Le sport en tant que médicament naturel

L’activité physique est conseillée par tous les médecins. Est-ce pour autant un bio-médicament ? Oui ! Car le sport soulage et peut parfois guérir. C’est un des éléments qui garantit une bonne hygiène de vie en devenant un médicament naturel que tout le monde peut utiliser à moindre coût. Pour la première fois, un livre traite ce sujet : le sport est un médicament bio, de Gilles Orgeret parut en 2008. L’auteur, masseur-kinésithérapeute, expose son point de vue sur le sujet en donnant énormément d’exemples et de conseils sur les pratiques, les soins, les erreurs à éviter, etc.

Ce livre se démarque des autres, étant destiné aux personnes limitées physiologiquement, contrairement à de nombreux autres ouvrages qui mettent en avant « simplement » des exercices pour améliorer la forme physique. Ce livre est particulièrement intéressant parce qu’il traite 16 maladies : cancéreuses, rhumatismales, diabétiques, pneumologiques, et autres.

 

Les astuces de grands-mères peuvent facilement être bio
Nos grands-mères sont extrêmement fortes. Peu importe les maux, elles peuvent toutes nous remettre en état avec un carré de sucre, un peu de miel et une cuillère à soupe de vinaigre… La plupart des astuces de grands-mères sont confectionnées avec des éléments simples que tout le monde possède en général chez soi. Ces éléments peuvent évidemment être bio ou naturels.
Exemple : comment soigner les piqures d’insecte ? Prenez une feuille d’aloes et coupez-la dans le sens de la longueur. Sortez ensuite, à l’aide d’une cuillère à café, le gel se trouvant à l’intérieur. Déposez-le quelques heures au réfrigérateur avant de l’utiliser. Autre exemple : comment soigner un mal de dent ? Déposez quelques goûtes d’huile essentielle de girofle sur un coton tige et appliquez sur la dent douloureuse. Simple et efficace. Retrouvez de nombreuses astuces sur le site
trucsdegrandmere.com

 

 

Oui, les bio-médicaments sont d’origine naturelle.
Oui, les bio-médicaments sont chers.
Oui, les bio-médicaments sont peu ou pas assez connus.

Dans ce cas, que faut-il en penser ?

 

Crédits photos: © Digitart

Commentaires