Locavore, la nouvelle tendance

des fruits sur un marché
Locavore, la nouvelle tendance
Par bioalaune publié le
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Il existe des végétariens, des carnivores, des omnivores… il existe maintenant des locavores. Quelle est donc cette espèce étrange ?

Ce terme concerne-t-il le mode de consommation de certains animaux d’Asie du Sud ou d’Océanie ? Non, pas du tout et bien au contraire. Pas besoin de s’expatrier ou d’aller visiter un autre continent pour rencontrer un locavore. En utilisant un article indéfini, faisant référence à un être existant réel, mais dont la localisation reste inconnue, on pourrait croire que ces locavores sont des espèces presque invisibles. Ce n’est pas du tout le cas. Un locavore, c’est une personne qui consomme uniquement de la nourriture locale, produite dans un rayon allant de 100 à 250 kilomètres maximum autour de son domicile. Manger local et consommer des produits de saisons, voilà donc les convictions du locavore.

Un mouvement en pleine croissance

Après plusieurs année de très forte augmentation, le bio a tendance à ralentir. En 2015, on estime que son taux de croissance atteindra 5% alors qu’il a été pendant plusieurs années à deux chiffres.
Faute à qui ? Faute à la crise (bien sûr). Il est montré que même si le Bio se porte bien en temps de crise, étant donné qu’il est plus cher, il connait tôt ou tard une perte de vitesse inévitable. Tout cela pour dire que le locavorisme, quant à lui, va connaitre une montée en puissance. C’est en réalité la notion de proximité qui va prendre de plus en plus d’importance sur le marché de l’alimentation. Le fameux « made in France » et même plus poussé le made in régional. En période de crise, le repli sur soi tend à être fréquent car il rassure.

L’écologie comme maître mot

Ce mouvement récent se veut respectueux de l’environnement en préservant l’écosystème. Il se bat contre la monoculture, maintient la diversité du paysage, réduit l’expédition coûteuse d’aliments (hors saison) lointains. En plus de cela, le locavorisme prône la stabilité sociale en luttant contre la centralisation territoriale.

Différent du bio ?

On peut être locavore bio tout comme être locavore non-bio. Par ailleurs, la plupart du temps, lorsqu’une personne consomme local, c’est que son éthique accordée aux produits est important. La même philosophie est retrouvée chez les personnes qui consomment bio. Il est donc courant de retrouver des consommateurs de produits bio locaux. Bio et locavorisme ne sont pas deux termes contradictoires.

Lecture

Ecrit par Anne-Sophie Novel, Le guide du locavore pour mieux consommer local est un ouvrage qui entre dans le détail et essaye de relancer le débat sur l'économie locale. C'est un très bon livre dans lequel l’auteur remet en question sans agressivité, la mondialisation, l’agriculture intensive, la malbouffe, les importations massives. Le livre est disponible dans toutes les librairies. Anne-Sophie, docteur en économie, spécialiste des questions de commerce et de développement tient également un blog que vous pouvez suivre sur ecoloinfo.com

Les halles, le retour

Nouvelle tendance qui plait beaucoup au locavores : les halles. Elles sont de retour !
Les moins de quarante ans ne connaissent pas ou peu ce genre d’établissements. Une halle est un marché de vente de produits frais. Jadis elles étaient présentes dans toutes les villes. C’était l’endroit parfait pour trouver les produits frais de nécessité, vendus directement par les producteurs. Les halles plaisaient énormément pour l’ambiance qui s’en dégageait et grâce au contact direct. Les gens y venaient pour acheter et pour le plaisir de communiquer. Détruites ou abandonnées, elles ont disparus à la fin des années 70 pour laisser place aux hypermarchés et à la grande distribution. Ces fameuses halles ont été rénovées depuis peu, comme celle d’Albi il y a 5 ans. De nouvelles sont apparues, on peut voir dans certaines régions des Grand Frais, Coin des Halles ou autre Compagnie des Marchés.

Ces nouvelles halles se veulent plus modernes. Certaines jouent encore le jeu du producteur / vendeur, d’autres sont plutôt des enseignes classiques redessinées. Les entrepreneurs ont compris que le traditionnel revient à la mode, mais qu’il faut moderniser le concept. La guerre des prix fait encore souvent rage dans ces nouvelles halles, cependant on constate une diminution, voire une suppression des intermédiaires entre producteurs et consommateurs. 80% des produits présents sont régionaux.
Le succès croissant de ces nouvelles halles fait des envieux. C’est pourquoi les géants de la distribution ont déjà pris des initiatives comme Auchan qui a ouvert à Lille « Les partisans du Goût » et Carrefour avec « Les Halles de La Madeleine » à Paris. L’idée reste la même, proposer des produits frais et changer le cadre austère des grandes surfaces.

Envies d’ici.com

Petite boutique dans la rue des Postes à Lille, l’enseigne vient de fêter son heureux premier anniversaire il y a une quinzaine de jours seulement. C’est l’une des premières boutiques locavore en France. Comme le principe le veux, elle s’alimente uniquement de produits fabriqués dans un rayon de 150 km (produits d’entretien inclus). Pour Mathieu Humez et Amaury Toulemonde, les co-fondateurs, le concept propose une alternative aux supermarchés classiques et se positionne en tant que supérette, pas comme un magasin de produits régionaux, trop cliché selon eux.
Ici le bio c’est un plus et pas une obligation. Les matières premières peuvent être cultivées ailleurs mais doivent être conditionnées local. L’important c’est de travailler de manière équitable.
Vous avez du remarquer le .com dans le nom de l’enseigne. La signification est simple, tous les produits peuvent être achetés en ligne sur le site et être livrés… localement.

Des critiques nécessaires

Le locavore est ainsi un consommateur qui ne mange que ce qui est produit près de chez lui, afin de préserver la planète. L’intention est noble, mais manger local, est-ce la meilleure solution pour mieux protéger le monde dans lequel nous vivons. Il faut raisonner pour bien agir, forcément, mais ce mode de consommation est-il viable et impactant ?
Pour certain, le locavorisme est une idiotie anti-mondialisation qui pointe le fait que l’agriculture industrielle n’est pas conçue pour la consommation locale. Ces opposants affirment que la grande échelle est moins polluante par personne, que les diverses possibilités de distribution locale.

Image : ©digitalart

Rédaction: Mathieu Doutreligne

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