Guide d'achat : produits bio sur Bio à la Une

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Le 02/05/2012 à 08:50

Retour (bio) vers le futur

 

Le bio est tendance, l’écologie est d’actualité. Peut-être parce qu’à la mode, peut-être plus logiquement, car les consommateurs font de plus en plus attention à ce qu’ils ont dans leurs assiettes et à ce que cachent les produits. Bio à la Une a eu la chance d’utiliser la célèbre DeLorean de Marty et Doc pour explorer le futur. Voilà le résultat de notre expédition…

Des chercheurs mélangent agriculture bio et conventionnelle
Il y a peu de temps, Jonathan Foley de l’Université du Minnesota a déclaré : « on peut vraiment créer un système alimentaire durable, en combinant les pratiques bio et conventionnelle afin de maximiser la production alimentaire en réduisant l’impact environnemental ». Voilà la nouvelle idée qui pourrait tout changer, mélanger agriculture bio et conventionnelle ! Suite à une étude comparative de l’agriculture faite à l’Université de Montréal et du Minnesota, cette suggestion a été faite dans la revue scientifique Nature, par des chercheurs canadiens et américains. Le but est simple : bénéficier des avantages de chacune des cultures c’est-à-dire avoir un meilleur rendement et limiter l’impact environnemental.
Les deux techniques agricoles ont un aspect bénéfique différent, l’agriculture conventionnelle possède un très bon rendement en production, quant à l’agriculture bio, elle préserve l’environnement. En moyenne, le bio possède un rendement inférieur de 25%. Cette aspect est d’autant plus vrai pour les céréales où on peut constater un rendement inférieur de l’agriculture bio pouvant aller jusqu’à 34% par rapport à celle conventionnelle. Les chercheurs estiment que la meilleure solution à prendre serait d’utiliser les différentes techniques pour produire plus de nourriture à des prix accessibles, limiter les risques environnementaux et assurer un revenu décent pour les agriculteurs. Les ratios varieraient en fonction des cultures.
L’idée irait jusqu’à modifier les différentes façons de cultiver pour trouver un juste milieu, bénéfique pour tous. Les chercheurs remplaceraient le fumier de l’agriculture bio par de l’azote chimique pour augmenter les rendements. L’agriculture conventionnelle ferait évoluer sa technique en augmentant la variété des produits par l’utilisation des résidus de cultures.

Les livraisons bio et local grâce à internet
La livraison à domicile serait une évolution au drive, qui bouleverse déjà aujourd’hui nos courses et le temps que nous y consacrons. L’homme vit de plus en plus vite et paradoxalement, manque de plus en plus de temps. Il faut donc en gagner.
Changer notre mode de vie et vivre au même rythme que nos grands-parents s’avère être une utopie, il faut évoluer de manière positive et ne pas régresser. Avec la révolution numérique, il ne va bientôt plus falloir se déplacer pour faire nos courses, plusieurs sites exploitent déjà cette idée :

  • www.monpoisson.fr vend en ligne les produits de la pêche du port de la Côtinière, premier port de Charente-Maritime. Deux fois par jour est acheminé, partout en France, du poisson frais, emballé sous vide et sans ajout de conservateur pour préserver les qualités et la fraîcheur. Le tout est placé dans un emballage isotherme pendant le transport.
  • www.biobox.fr Située dans la région du Sud-Ouest, l’entreprise vend, sans intermédiaire, des paniers de fruits et légumes bio régionaux. Disponible dans des points relais, à domicile ou en entreprise. C’est un commerce équitable de proximité.
  • www.prod8frais.fr est une plateforme qui va permettre à 4,5 millions d’agriculteurs, pêcheurs, éleveurs et maraichers issus de 9 pays européens de proposer leurs produits frais directement aux consommateurs de leur localité. Luc Adriaenssen, co-fondateur du projet explique que « la plate-forme repose sur l’offre et la demande locales de produits frais et diversifiés ».

Une maitrise de la démographie, la clé pour sauver l’environnement
La clé pour la maitrise de l’environnement pourrait être la maitrise de la démographie, c’est le bilan fait par des scientifiques britanniques de la Royal Society à travers un rapport entre préservation de l’environnement et population mondiale. Ces deux enjeux ne peuvent pas être traités de manière séparée.
Personne n’ose vraiment le dire jusqu’à présent, mais les problèmes démographiques posent de nombreux problèmes. Etant actuellement 7 milliards d’individus sur terre, d’ici à 2050, les estimations annoncent 9 milliards d’humains. Et dans 100 ans ? Jusqu’où irons-nous ? Quel est le nombre maximal de personne que la terre pourra supporter ?
Ce lien se doit d’être abordé lors des grandes conférences, comme le prochain sommet de la terre Rio+20 en juin, car le XXIe siècle est une période critique. La population doit être stabilisée. Lorsque l’on regarde l’histoire, l’évolution exponentielle de la population mondiale depuis 100 à 150 ans est liée aux problèmes de tous ordres, l’environnement étant au premier plan. Avec le rythme et notre façon actuelle de produire/consommer, plus il y a de bouches à nourrir, de personnes à faire dormir, d’énergie à produire, plus l’environnement est souillé. Le rapport rappelle que nous vivons sur une planète dont les ressources sont limitées.
Sir John Sulston, de l’Université de Manchester, affirme que « Aujourd’hui, le monde est face à un choix très clair. Nous pouvons choisir de rééquilibrer l’utilisation des ressources selon un schéma de consommation plus égalitaire, recadrer nos valeurs économiques pour refléter vraiment ce que notre consommation signifie pour notre planète, et aider les individus dans le monde entier à faire des choix de reproduction informés et libres. Ou bien nous pouvons choisir de ne rien faire et nous laisser entraîner dans un tourbillon de maux économiques, socio-politiques et environnementaux, conduisant à un avenir plus inéquitable et inhospitalier ».

Voici les points importants à corriger, pour établir un équilibre :

  • Réduire l’extrême pauvreté
  • Instaurer des plannings familiaux dans les pays en développement
  • Réduire la consommation de biens matériels dans les pays développés
  • Réduire les déchets
  • Travailler et investir dans les ressources renouvelables

Le partage de l’électroménager
Partager votre machine à laver, y avez-vous déjà pensé ? Cette idée de base vient d’une réflexion de Jean-Philippe Allain, co-fondateur du projet : « ça sert à qui d’avoir une machine à laver payée trois cents euros et utilisée qu’une fois par semaine ? ».
C’est de Lille, la capitale des Flandres, que nous vient cette nouveauté. Quatre étudiants de la Skema school ont créé le site internet lamachineduvoisin.fr. Destiné dans un premier temps aux étudiants, le principe du site est de mettre en relation les propriétaires de machines à laver et ceux qui n’ont pas encore la chance d’en posséder une ou qui habitent trop loin d’une laverie. Le site, démarré en février, compte déjà plus de 600 adresses à travers les grandes villes de France. Le site n’est pas simplement un échange de service, mais également un échange de lien social, certaines personnes laissent leurs machines à laver gratuitement.
En plus d’une entraide très claire, l’idée de base pourrait évoluer dans le futur et inciterait des groupes de personnes habitant à proximité ou dans le même appartement, à acheter des produits électroménagers en commun. C’est déjà le cas au Danemark où les Danois peuvent faire le choix de vivre dans des éco-quartiers. Véritable quartier collectif, certains lieux de vie sont mis en commun comme justement la laverie, mais pas uniquement. En effet, l’idée est poussée à son maximum et la salle à manger est commune. A tour de rôle, les habitants du quartier prennent le relais pour faire à manger à une trentaine de personnes. Une chaufferie commune permet également de maximiser le rendement énergétique des habitants de cet éco-quartier.

Retenons l’idée générale : consommons ensemble pour consommer moins !

Les emballages qui se mangent
(reprise de notre article du blog du 28 février)
Quand la fiction devient réalité… le recyclage pourrait devenir obsolète. Imaginez-vous allant faire vos courses dans votre supermarché bio préféré, vous achetez tous types de produits. Une fois ces produits consommés, que faire des emballages : vous les mangez !
C’est l’idée folle qu’est en train de mettre au point une équipe de scientifiques en biologique médicale de l’Université de Harvard : concevoir des bouteilles totalement comestibles. Leur matière biodégradable pourra être épluchée et ensuite mangée. Ces « aliments » pourraient même avoir un goût. L’équipe affirme avoir réussi à fabriquer une brique de gaspacho aromatisée à la tomate, une bouteille de jus d’orange en orange ou un cubi de vin au goût de raisin. D’un point de vue technique, ces réalisations sont possibles grâce à la force électrostatique qui permet de créer une matière solide à partir d’aliments.
Les scientifiques vont même encore plus loin en envisageant de fabriquer un appareil qui permettrait à chacun de confectionner ses propres contenants biodégradables à partir d’épluchures ou de restes alimentaires.

 

Comment voyez-vous votre consommation alimentaire dans 3, 5, 20 ans ?
Avez-vous d’autres visions sur l’avenir du bio et de l’écologie ?

Mathieu Doutreligne

 

5 Commentaire(s)

Je suis convaincue du bien-fondé du "manger bio".J'achète donc des produits "bio" dans les grandes surfaces.Mais je ne retrouve pas les saveurs des fruits et légumes cultivés dans les jardins des particuliers ? Explication ? J'adhère totalement à votre article "retour(bio)vers le futur" et j'aurais aimé l'imprimer pour convaincre certaines personnes de ces évidences. D'une manière générale, vous serait-il possible de prévoir l'impression des articles de fond ? Cordialement

Portrait de bioalaune

Bonjour Colette et merci pour la pertinence de votre commentaire. Il est vrai que certains produits bio ne possèdent pas, en bouchee, un goût différent des mêmes produits provenant de l'agriculture conventionnelle. Le bio c'est une culture sans pesticides ni engrais et aucun gage de qualité gustative n'est imposé. D'une manière générale, on constate que les produits bio ont meilleur goût que les autres, mais aucune étude ne le montre et aucune obligation n'est encore fixée à cet effet. Si vous souhaitez imprimer cet article pour le faire lire par vos amis, aucun problème là dessus. Excellente journée, cordialement.

parmi les nombreuses réponses possibles on peut dire : - rien de sérieux ne peut évoluer sans prise de conscience de la nécessité de bien se nourrir, des conséquences sur la santé et la vie et - il faut aussi que le consommateur ait intégré la différence de qualité des différentes offres et soit prêt à choisir de payer le prix correspondant à ses choix

Vers un nouveau cycle agricole mondial L’aberration du système agricole actuel Sur une surface totale de 13 milliards d’hectares de terre sur la planète, les terres cultivables n’en représentent que 11% fournissant 99,7% de la nourriture (FAO : Food and Agriculture Organization of the United Nations).

Par simple curiosité, j'ai regardé quels magasins de vente de produits BIO étaient désignés dans votre liste. SURPRIS, je me suis trouvé ! En effet, si BOTANIC était cité (bien que son créneau principal est surtout "jardinerie" avec quelques spécialités alimentaires BIOS), la supérette "La Clayette BIOCOOP" (900 m2) n'est pas citée. Et (l'horrible) magasin BIO d'au moins 1000m2, nommé "COEUR DE NATURE", ouvert par le Groupe AUCHAN à mi-mai, non plus..... Cette dernière remarque me conduit à poser HAUT et FORT cette question : L'approvisionnement de produits BIOS de proximité ( c'est bien connu) étant particulièrement difficile en R.P. car la S A U biologique est loin d'avoir atteint les 6% programmés dans le GRENELLE initial, où la centrale d'achats AUCHAN peut-elle bien trouver les produits alimentaires notamment ??? Trouvez la réponse ! Au cours de la semaine 20/2012, Carrefour a lui aussi qu'il ouvrirait dès cette année, + surfaces de produits BIOS....Rien n'arrête ces "distributeurs" à gagner toujours plus, sur le dos et à la barbe des consommateurs.....Merci!

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