Le bio de nos régions, faisons le point

Par bioalaune publié le
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Les tendances ne changent pas, elles évoluent. Jadis, le Bio était une option, c’est désormais une réelle alternative pour les consommateurs et les producteurs. Dans cette croissance, chaque région est livrée à une compétition nationale dont le but est noble, de plus, l’appartenance régionale se lie de plus en plus aux valeurs du Bio. Cette semaine, Bio à la Une fait le point sur le Bio de nos régions en revenant sur l’élection de la première région Bio de France et en comparant le classement final aux chiffres officiels.

Retour sur l’élection de la première région de France
Du 1er au 14 juin, Bio à la Une a organisé sur sa page Facebook, l’élection de la 1ère Région Bio de France. L’ensemble des fans, les internautes ainsi que les abonnés à la newsletter ont été sollicités pour élire soit leur région, soit la région qu’ils estiment être LA plus Bio de France. Le choix de chacun est personnel, aucun critère de sélection n’a été mis en avant.
Avec 8 460 votes et après différents changements dans le classement provisoire, c’est la région Auvergne qui a été élue Première Région Bio de France. Bravo à elle, mais surtout à tous les Auvergnats qui ont soutenu leurs valeurs de consommation et leur attachement régional (on pense notamment au site
auwwwergne.com). Sur le podium de tête se trouvent l’Alsace en 2e position (3 540 votes) et la Picardie (715 votes).
Nous tenions tout particulièrement à remercier les 2 400 participants qui ont soutenu leur région et aux milliers de votes cumulés. A la vue d’un tel succès, c’est le Bio qui sort gagnant !
Au final, force est de constater que vous avez défendu votre région, pour certains massivement. Vous aimez le bio et vous pensez que le mettre en avant à l’échelle locale est une bonne chose. Ce constat est logique lorsque l’on sait que le locavorisme a de plus en plus d’adeptes. Peut-être dans un futur proche assisterons-nous à l’arrivée de nouveaux labels qui indiqueront l’appartenance régionale des asperges, radis, betteraves, salades et autres herbes aromatiques. C’est déjà le cas pour certains produits, il est vrai. Cette initiative pourrait simplement se démocratiser davantage.

Voilà le classement final de l’élection (visible également sur notre page Facebook) :

Annonce des chiffres officiels
Selon le rapport de l’Agence Bio, sorti à l’occasion du Printemps Bio, la région PACA arrive en tête des régions françaises (elle est 4e de notre classement).
Avec un climat méditerranéen, des productions diversifiées et de petites exploitations, la région PACA se devait d’être en position dominante. Sur son territoire sont recensés plus de 12% de domaines agricoles convertis, pour une moyenne nationale de 3,5%. Au niveau départemental, c’est la Drôme qui arrive en tête, à la fois de la région et de l’hexagone. Les produits aromatiques sont ceux qui connaissent le plus de succès sur ces terres agricoles locales arrosées par le soleil du Sud de la France.
La région Languedoc-Roussillon arrive sur la deuxième place du podium établi par l’agence bio, avec 9.3% de terre. Suit la Corse et ses 6.7%. Les régions du Sud se retrouvent beaucoup plus sensibles au Bio que celles du Nord de la France. D’autant plus qu’en termes de surfaces agricoles converties, les trois régions dans le rouge sont la Picardie, la Haute-Normandie et le Nord-Pas-De-Calais, avec toutes moins de 1% de terres agricoles sans pesticides.
Trois classements officiels sont érigés : nombre de producteurs, surfaces bio et part du Bio dans les surfaces agricoles utiles (SAU).
Au regard de ces résultats, on constate une disparité. 1/3 des exploitations bio françaises sont regroupées dans 3 régions. La région Rhône-Alpes reste la première région de France en termes d’exploitations bio avec 2 554 exploitations bio, talonnée par la région Languedoc-Roussillon, où la progression est plus marquée (+15%, 2 531 exploitations) et Midi-Pyrénées (2 428 exploitations).

Près de la moitié des surfaces en bio s’accumulent dans 5 régions et près d’un tiers dans trois régions : Midi-Pyrénées (118 754 ha), Pays de la Loire (102 495 ha) et Languedoc-Roussillon (qui avec 87 621 ha en bio devient la troisième région française en terme de surfaces bio).

Les deux classements que nous vous offrons diffèrent, ceux des lecteurs de Bio à la Une et ceux de l’agence bio. On peut expliquer cet écart par le fait que nos lecteurs représentent un échantillon de consommateurs (et pas encore la totalité) alors que l’agence bio additionne les chiffres et données officiels. De plus, l’agence bio nous renseigne sur la production alors que Bio à la Une offre une carte remplie par les consommateurs. Un classement des offres contre un autre sur les demandes.

Retour sur l’évolution du Bio
Même si le combat régional est présent, le grand gagnant reste le bio. L’agriculture biologique est en progression constante depuis dix ans. Les résultats nationaux sont encourageants, mais les écarts entre certaines régions sont parfois grands.
Le Bio en 2012 c’est 1 million d’hectares de surfaces agricoles, une croissance à 2 chiffres de tous les indicateurs et un marché approchant 4 milliards d’euros fin 2011.
Plus de présence dans nos supermarchés, plus de magasins 100% consacrés au bio, une agriculture traditionnelle qui recule, etc. Les exemples se multiplient et les chiffres suivent. Le bio gagne du terrain et c’est une très bonne chose !
Selon les nouvelles données, l’agriculture bio représente 3.5% de la surface agricole utilisée. Entre 2010 et 2011 a été constatée une augmentation de 24,8% des surfaces et une augmentation de 25,3% du nombre de producteurs bio. Qui dit augmentation de la production dit diminution des importations, donc réduction des impacts carbone, double bonne nouvelle.
L’agriculture bio en France, c’est principalement la culture fourragère (pour l’alimentation animalière) dans 61% des cas et les grandes cultures dans 20% des cas. Suivent la vigne, les fruits, légumes et autres qui représentent une part assez faible par rapport à l’ensemble. Une inégalité reste importante selon les régions. Certaines sont particulièrement sensibles au bio quand d’autres le sont moins.
Le Bio fête son premier million d’hectares en 2012. Fin 2011, la France comptait 21 135 exploitations agricoles engagées en Bio, soit 4.5% des exploitations françaises. Après une année 2010 record, les surfaces bio ont progressé en France de près de 130 000 ha en 2011. Elles représentaient fin 2011 plus de 3.5% de la SAU nationale. Les exploitations converties ont tendance à être plus petites que les traditionnelles.

Rédaction : Julia Lastella

Mathieu Doutreligne

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