Bio Partenaire, 10 ans de biologique et d'équitable

Par bioalaune publié le
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Le Bio n’est pas suffisant, il doit être équitable et solidaire ! Lier le commerce équitable et l’agriculture biologique est désormais chose faite avec Bio Partenaire à travers ses 2 marques.
Nous étions présent à l'occasion de l'Assemblée Générale et les 10 ans de l'association pour le Bio équitable et solidaire. Ayant fêté sa première décennnie la semaine dernière, voilà une bonne occasion d'en savoir un peu plus sur ce que cachent les deux logos violet et turquoise.

Pour un développement humain, durable, équitable et solidaire.
L’idée première de Bio partenaire est de coupler les critères de l’Agriculture Bio et les principes du commerce équitable pour une action globale. L’action engage l’ensemble de la chaîne alimentaire, des producteurs aux consommateurs, en passant par les transformateurs et les distributeurs.
Cette référence rend appréciable la démarche générale d’une entreprise Bio et pas uniquement son produit fini.
Après une apparition qui date de plusieurs décennies, le Bio connait une certaine généralisation due à la mondialisation ainsi qu’une concurrence qui rend la visibilité de ses acteurs plus complexe. C’est dans ce contexte qu’apparaissent les marques Bio Solidaire et Bio Equitable pour une juste valorisation d’un produit de qualité ainsi qu’une juste rémunération de ses exploitants pour engager sur le long terme l’ensemble de la filière. « Tous les acteurs d’une filière sont interdépendants et participent à son développement ». En outre, l’association accompagne les PME porteuses de projet Bio, elle fait également la promotion des chartes communes aux deux marques et rassemblent les acteurs Bio et équitable. Aujourd’hui, Bio partenaire c’est 28 entreprises membres et 564 références produits (alimentaire, cosmétiques, textiles).

Bio Solidaire défend les échanges Nord-Nord. C’est la marque pour les partenariats de proximité entre transformateurs et producteurs, un engagement de proximité avec les producteurs régionaux. Elle recense 250 producteurs et 12 filières comme Riz long, rond et rouge de Camargue, Plantes Aromatiques du Centre ou encore Petit Épeautre de Haute Provence.

Bio Equitable défend les échanges Nord-Sud. C’est la marque pour les entreprises en partenariat avec des producteurs des pays en développement. Elle recense 20 000 producteurs et 23 filières dont les Argans du Maroc, les avocats du Kenya ou encore le Cacao d’Equateur.

 

En plus d’être Bio, les marques et produits Bio Partenaire doivent garantir une politique commerciale pérenne, c’est-à-dire des partenariats minimums de 3 ans et un accord sur une quantité et un prix minimum garanti.


Acteurs principaux de Bio partenaire : Carole Tawema (Karétic), Bernard Kimmel (Arcadie), Guy Deberdt (Kaoka), Didier Péréol (Ekibio), Bernard Storup (Soy et Céréalpes)

10 ans déjà dans le commerce équitable
Un tunnel est une galerie souterraine livrant passage à une voie de communication, c’est une œuvre d’ingénierie imaginée pour se déplacer plus vite, mais « pourquoi faites-vous des trous dans la terre ? » (remarque faite par un Kogis en rentrant pour la première fois dans un tunnel).
Ayant réussi à échapper au colonialisme en se cachant, le peuple des Kogis appartient à une culture précolombienne qui a très peu évolué depuis 500 ans. Ces hommes et ces femmes habitent dans le sud de la Colombie. Ils pensent que l’ignorance de l’Homme moderne apportera la suppression de la vie sur terre. Ces Kogis n'ont pas oublié qu'ils dépendent de la nature. En nous regardant évoluer, ils s’interrogent et se demandent pourquoi nous sommes tellement étrangés au vivant. Le problème viendrait peut-être de notre volonté forte de vouloir tout contrôler.
Le raisonnement des Kogis a été présenté par Eric Julien lors de la conférence des 10 ans de Bio partenaire. Une bonne occasion de remettre en question notre façon de consommer et de faire du commerce. L’intervenant spécial explique que sur Terre (et même en France), les hommes sont différents. En faisant attention aux émotions et aux croyances, un travail est nécessaire pour que le désaccord des différences devienne positif et mène vers le haut. Parce qu’on ne convaincra jamais un mouton d’être une tortue, il faut construire le monde dans le désaccord et la différence. Parfois, la cohésion, la coopération, les façons qui permettent d’avancer sont plus importantes que le résultat. Il faut oser l'incertitude pour s'en sortir, faire des tests. C’est d’ailleurs le premier challenge du commerce équitable : établir une confiance pour créer un partenariat durable.
Avec le commerce équitable et solidaire, les problèmes de fond ne changent pas, mais les mentalités évoluent. Même si les acheteurs veulent et voudront toujours acheter le moins cher (et les producteurs vendre le plus cher), une confiance se crée, car les rapports sont différents. Il y a une volonté de changement. L'économie est différente, car elle ne nie pas la réalité, voilà toute la différence.
Bernard Storup, PDG de Soy, explique que « pendant longtemps, le soja importé des États-Unis coûtait moins cher que celui produit à côté de chez soi ». Le quantitatif contre le qualitatif. Que choisir ? Dans le cadre du commerce équitable, il faut soutenir. Il faut surtout sortir du cadre des riches qui aident les pauvres, mais il faut s'inquiéter de l'autre, de son partenaire. Cela va dans les deux sens. Des indicateurs sont déjà visibles, le changement commence. Le directeur des chocolats Frigoulette, Bernard Xueref déclare que « le commerce équitable c'est un transfert de savoir-faire pour assurer la pérennité de la filière. (…) L'équitable c'est la valeur humaine à tous les niveaux ».

 

Kaoka, un exemple à suivre. Voilà un mini-reportage sur l’île de Sao Tomé d’une filière exemplaire pour un programme de réhabilitation des cacaoyères. Vidéo présentée en hommage à André Deberdt, un des initiateurs de la démarche Bio Equitable qui nous a quitté en février dernier.

Rédaction : Mathieu Doutreligne

 

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