Conférence environnementale : l’annonce de la direction écologique pour la France

Par bioalaune publié le
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Les 14 et 15 septembre dernier a eu lieu la conférence environnementale au Palais d’Iéna à Paris. Plusieurs points clés ont été abordés dont les deux plus attendus concernant l’avenir de Fessenheim et le sort du gaz de schiste. Retour sur les moments forts, les grandes idées et les actions à venir.

 

Un évènement entre les acteurs de l’environnement

Cinq ans après le Grenelle de l’environnement, la première conférence environnementale a eu lieu en fin de semaine dernière. Inauguré par le Président de la République, cet évènement qui se voudra annuel est le premier rendez-vous vert du quinquennat. Le but de cette conférence était d’instaurer la nouvelle feuille de route de l’écologie en France, en montant des propositions pour que les objectifs ambitieux se réalisent. François Hollande veut monter la France comme nation de l’excellence environnementale.

L’évènement a réuni un grand nombre d’acteurs environnementaux. Pour instaurer un dialogue et trouver des solutions communes, la Ministre de l’Écologie, Delphine Batho, a appelé les associations, syndicats, industriels, experts et politiques, c’est-à-dire tous les acteurs ayant un rôle à jouer dans la transition écologique.

Écologie, énergie, environnement, des centaines de milliers de postes sont en jeu. Les deux grands débats annoncés ont eu lieu sur la sortie du nucléaire et l’interdiction d’exploitation du gaz de schiste. Cinq tables rondes se sont tenues entre les acteurs : Préparer le débat national sur la transition énergétique, Faire de la France un pays exemplaire en matière de reconquête de la biodiversité, Prévenir les risques sanitaires environnementaux, Mettre en œuvre une fiscalité plus écologique, Améliorer la gouvernance environnementale.

 

Une feuille de route annoncée par le président

Le nucléaire, les attentes étaient fortes, les réponses présentes. La fermeture de la centrale de Fessenheim en 2016 a été officialisée. Dans quatre ans afin de sécuriser l’approvisionnement, la préservation des emplois ainsi que la reconversion du site.

Deuxième dossier chaud : les forages de gaz de schistes. « Personne ne peut affirmer que l’exploitation des gaz de schiste par fracturation hydraulique est exempte de risques lourds pour la santé de l’environnement » a déclaré François Hollande. Les 7 demandes de permis d’exploitation des hydrocarbures dans le sud de la France visant à exploiter ce gaz à risques ont ainsi été refusées. L’interdiction d’exploitation du gaz de Schiste sera d’actualité pendant la durée du quinquennat.

D’autres mesures phares ont été annoncées par le président de la République comme les investissements dans l’économie verte qui pourraient être orchestrés par la banque publique d’investissement pour plus d’aisance.

Des mesures fiscales pourraient avoir lieu. La taxation sur les pollutions serait plus importante quand celle sur le travail serait plus faible. Le bonus/malus se démocratiserait et ne serait plus uniquement destiné à certains produits telles les voitures.

Énergie : une réduction de la consommation par la rénovation thermique veut être instaurée. Quatre millions de foyers, peu ou mal isolés, sont directement concernés. Des aides font être proposées aux propriétaires et les dispositifs actuels seront simplifiés. La tarification progressive de l’énergie va également entrer en vigueur prochainement.

Une agence sera spécialement créée pour défendre la biodiversité, elle travaillera avec les collectivités locales, les entreprises et les associations pour lutter contre l’artificialisation des sols et pour que les animaux ne soient pas oubliés au même niveau que les océans.

Le chef de l’État souhaite également augmenter les objectifs de réduction de gaz à Effet de Serre fixés à 20% en 2020 par le Grenelle de l’environnement. « Je suis prêt à aller plus loin : une stratégie ambitieuse axée sur un objectif de -40% en 2030 et de 60% en 2040 ». Il souhaite rendre possible ces objectifs en instaurant une taxe carbone aux frontières de l’Europe afin de ne pas freiner les entreprises qui doivent faire face à une réglementation environnementale plus stricte.

Le Président sait que même en menant une politique ambitieuse et en connaissant des réussites, les problèmes sur l’environnement seront toujours d’actualité à l’échelle internationale. C’est pourquoi, après une succession de Sommets de la Terre et de Conférences internationales décevantes, il déclare : « notre prochain objectif est de parvenir à un accord global sur le climat en 2015. La France s’investira pleinement pour la réussite de ce rendez-vous, et pour marquer notre volonté d’aboutir, j’annonce que notre pays est disponible pour accueillir la Conférence ici, à Paris. »

Lors de la dernière conférence environnementale (ou grenelle de l’environnement), l’ancien Président Nicolas Sarkozy avait lui aussi fait un discours fort. La différence observée cette année est le discours de clôture, fait par le Premier Ministre Jean-Marc Ayrault, qui annonce une feuille de route du gouvernement. C’est une première. Celle-ci sera dévoilée dans le courant de la semaine.

 

Actions, réactions

Les écologistes ont salué la direction donnée par le Chef de l’État pour sa politique écologique, même si fermer Fessenheim fin 2016 et poursuivre Flamanville reste mal digéré. Quant aux ONG, elles critiquent toujours le retard pris sur les énergies vertes et mettent l’accent sur l’absence de mesures. Aucun objectif n’a été annoncé sur les objectifs de l’agriculture biologique et les réductions des pesticides, comme le déplore le représentant de Rassemblement pour la planète. Pour certains, comme Jean-François Julliard directeur de Greenpeace France, l’urgence d’action face à la dégradation de la planète n’est pas encore compris

Interrogées par l’AFP, des personnalités soucieuses de l’environnement pensent plus que jamais qu’il est temps de remettre l’écologie au cœur du débat public. Brice Lalonde, ancien ministre de l’Environnement s’interroge « l’écologie peut-elle aider la France à sortir du brouillard ? Voilà l’urgence. » Paul François, agriculteur intoxiqué par un pesticide de Monsanto déclare : « dans ces périodes de crise, on oublie l’environnement, on croit que ce sont des écolos-bobos qui rêvent de vélo, de petites voitures, d’espace, alors que l’environnement c’est tout simplement notre avenir, notre santé. » Pour Corinne Lepage, également ancienne Ministre de l'Environnement, la solution est simple : « il faut comprendre qu’économie et écologie doivent être mariées ».

Le grand débat national est maintenant officiellement ouvert sur la transition énergétique.

 

Rédaction : Mathieu Doutreligne
Crédit photo : Bernard Suard/METL-MEDDE

 

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