Surpêche : comment bien choisir son poisson ?

un chalutier pêche des poissons
Surpêche : comment bien choisir son poisson ?
Par bioalaune publié le
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Le consommateur tend à l’oublier, mais le poisson doit être consommé avec parcimonie et selon la saison de reproduction de l’espèce concernée. La surpêche n’est pas un mythe et la consommation de poisson, comme celle de la viande, ne cesse d’augmenter dans le monde.

 

La surpêche est un enjeu majeur de notre siècle. Elle met en danger les capacités de reproduction des poissons, au point que les quantités pêchées ne peuvent se renouveler, jusqu’à l’épuisement des ressources marines. Loin d’être illégale, elle est parfois même encouragée par les organisations internationales de gestion des pêches. 

Les illustrations les plus connues et médiatisées de ce pillage sont celles du thon rouge de Méditerranée, ou de la morue de Terre Neuve qui a elle disparu dès 1992. La morue a été pêchée jusqu’à "épuisement du stock", perdant son rang dans l’écosystème. 

Depuis plus de 20 ans, les captures mondiales stagnent autour de 120 millions de tonnes de poisson, mais la flotte de bateaux de pêche ne cesse d’augmenter, tout comme la brutalité et l’efficacité des méthodes comme le chalutage de fond et le chalutage à perche. Ces dernières entraînent d’importantes quantités de prises accessoires (coraux, mais aussi requins, tortues et mammifères marins), qui sont rejetées sous forme de déchets.

Comment boycotter le pillage ?

Aussi, avant de passer à la caisse, l’ONG Greenpeace recommande de se poser les 3 questions suivantes :

1. Quelle est cette espèce ?
2. Comment a-t-elle été pêchée et d’où vient-elle ?
3. Votre supermarché/fournisseur a-t-il une politique en produits de la mer durables ?

Si le vendeur affirme que c’est un poisson d’élevage, la question suivante devrait porter sur le type d’aquaculture : provient-il de pêcheries et d’aquacultures durables et équitables ? Car la pisciculture a un impact tout aussi néfaste sur l’environnement que la pêche industrielle, car elle consomme beaucoup d’énergie et produit beaucoup de pollutions.

Parmi les conseils glanés sur les différents sites des ONG, vous retrouverez toujours celui de l’achat de produits labellisés, certifiant une pratique de pêche durable. Par exemple : le label international MSC pour les produits issus de la pêche ou le label AB pour les produits issus de l’aquaculture. Parmi les produits issus d’une pêche durable Greenpeace cite « le Bar de ligne de la côte française, le Thon germon des canneurs et ligneurs du Pays Basque, ou encore le cabillaud de la mer d’Iroise des pêcheries normandes et bretonnes ».

Il s’agit également d’éviter à tout prix de consommer les poissons pendant leurs périodes de reproduction et de préférer des produits pêchés localement.  Vous soutiendrez ainsi les pêcheurs locaux et artisanaux, tout en luttant contre les émissions de gaz à effet de serre liées aux transports.

Enfin, il est important d’avoir ces mêmes réflexes dans le cadre des sorties au restaurant.

Des outils pratiques pour faire ses achats

Il existe de nombreux outils pour guider le consommateur dans son choix du bon poisson. La campagne de sensibilisation " Mr.Goodfish ", lancée en 2009 par le Réseau Océan Mondial,  établit des listes de poissons recommandées à la consommation –  précisant la taille minimale pour chaque espèce - en fonction de la saison et de la zone de pêche. Pour cet automne 2012, il est ainsi suggéré de préférer les rougets, la seiche, le barbu, le merlu,  le hareng, l’églefin, ou encore, dans la catégorie des mollusques, les coquilles Saint-Jacques et les moules communes, issues de l’aquaculture. Un pense-bête pratique et simple d’utilisation. Le WWF et Greenpeace ont également publié des guides d'achats, consultables sur leurs sites Internet.

Enfin, le MSC, organisme certificateur international, a lancé en juin 2011 un moteur de recherche pour aider les consommateurs à trouver les fournisseurs, mais aussi les industries et transporteurs écolos en France.



Bon à savoir : à ce jour, 4 pêcheries françaises sont certifiées durables selon le référentiel MSC : 
- la pêcherie de lieu Noir de Mer du Nord (EURONOR)
- la pêcherie de sardine de bolinche de Bretagne Sud
- la pêcherie de lieu Noir (Scapêche et Compagnie des Pêches de Saint-Malo) 
- la pêcherie de homard du Cotentin et de Jersey. 

 

Rédaction : Alicia Munoz
Crédits photos : 9comeback & pixbox77

 

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