OGM : comment les rayer de la carte ?

Par bioalaune publié le
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L’étude publiée par Gilles-Eric Séralini incriminant la nocivité des OGM sur l’organisme de rats de laboratoire a fait l’effet d’une bombe dans le milieu biotechnologique. Les critiques à son encontre n’ont pas tardé à fuser, mais au bénéfice du doute, bon nombre d’entre-nous se rangent du côté de la précaution. Voici quelques conseils pour chasser l’aliment génétiquement modifié du caddie.  

À titre de rappel, la France a interdit les cultures OGM sur son territoire, non sans hésitations et ambigüités. En Europe seul 0,1 % des terres sont cultivées en OGM. Néanmoins, la France a autorisé trois OGM (maïs Mon810, maïs T25 et pomme de terre Amflora) à la culture parcellaire ou sous serre,  à des fins scientifiques.

 Les inquiétudes des consommateurs devraient donc principalement porter sur l’importation d’OGM, qui reste autorisée. Les produits génétiquement modifiés autorisés à la vente sont le maïs, le coton, le soja, le colza et les pommes de terre. En clair, cela signifie que l’on peut distribuer des OGM en grande surface, mais aussi dans l’alimentation destinée aux animaux, par le biais des importations. Les produits frais, mais aussi les conserves et les produits pré-cuisinés, peuvent donc contenir des OGM.  

Produits bio et logo « sans OGM » : vers une meilleure information

Aussi, d’aucuns préférerons privilégier les produits labellisés bio, puisque le cahier des charges garantit qu’ils ne contiennent pas d’OGM. Une certitude que l’on peut tout de même nuancer, tant il est difficile de s’assurer de l’absence de résidus d’OGM quand le produit provient d’un pays où le pourcentage de surfaces agricoles OGM est élevé. 

Pour les produits conventionnels, il est obligatoire d'indiquer la présence d'OGM depuis 1997, au-delà d’un seuil de 0,9 %. Un seuil qui rappelle la difficulté de se protéger d’éventuels résidus liés à la présence d'impuretés dans les semences, à une dissémination de pollen d'une culture vers une autre ou aux pratiques de stockage des récoltes et de transport.

Depuis le 1er juillet 2012, les Français jouissent d’une avancée de taille en matière d’information. Il s’agit du logo vert « nourri sans OGM », ou tout simplement « sans OGM », désormais apposé sur les emballages de certains produits. Le décret signé en janvier dernier, spécifie le type de produits : des ingrédients d’origine végétale (farine, amidon…) mais aussi des produits d’origine animale (lait, viande, poisson, œufs) et des ingrédients d’origine apicole comme le miel.

Utilisés par les filières qui ont banni les organismes génétiquement modifiés, ces logos sont pourtant loin de satisfaire les plus anxieux. Et pour cause, le label ne concerne que les produits qui ont un équivalent OGM. Cela limite donc l’étiquetage au maïs, colza, soja, coton et viandes d’élevage.  De plus, dès lors qu’un autre ingrédient entre dans la composition du produit (prenons par exemple une farce contenant de la viande mais aussi des herbes et des oignons),  la mention n’apparaîtra pas.

Reste à sortir les lunettes pour chercher la mention «génétiquement modifié» au dos de l’emballage.

De nombreuses parts d’ombre

Et parce que ce serait trop facile si tout était soigneusement indiqué, sachez que si la viande que vous achetez provient d’une bête nourrie aux OGM, il n’y a pas obligation d’en faire mention au dos de l’emballage. Un paradoxe, quand on sait que la majorité des aliments distribués dans les pâtures sont génétiquement modifiés. Greenpeace estime  que plus des trois quart des tourteaux de céréales donnés aux bovins sont d’origine génétiquement modifiés. Bien que les scientifiques ne se mettent pas d’accord sur la persistance d’effets nocifs jusque dans nos assiettes, des études montrent bien la modification de séquençages d’ADN dans le phénotype des bestiaux…

Pour aller plus loin et s’assurer de la démarche engagée (ou désinvolte !) des différentes, l’ONG a publié un guide des produits avec ou sans OGM. Un code de trois couleurs (rouge, orange, vert) donne une indication claire sur le degré de risque de présence d’OGM selon le produit. L’organisation écologiste fait remarquer que contrairement au cahier des charges de l’Agriculture Bio, les cahiers des charges Label rouge (LR) et Appellations d'origine contrôlée (AOC) n’interdisent pas l’utilisation d'OGM dans la fabrication de leurs produits.

Alicia Muñoz

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