Une pollution tue 270 000 poissons

Par bioalaune publié le
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Un kilomètre de rivière et toute la production bio d'une pisciculture ont été touchés, à Langolen, dans le Finistère.

Entre 20 et 25 tonnes de poissons morts. Environ 270 000 têtes tuées, soit un an et demi de production. C'est une catastrophe pour une pisciculture bio installée à Pont ar Stang, dans la campagne de Langolen, près de Quimper.

Un des trois employés, vivant sur place, a découvert la totalité des truitelles flottant sans vie dans les bassins, à son réveil, hier matin. En cause ? Certainement une pollution due à un produit chimique répandu dans la rivière de l'Odet, qui alimente directement la pisciculture.

Une enquête de la gendarmerie est en cours. La substance, encore indéterminée, aurait pu être déversée du haut d'un pont, à un kilomètre en amont de l'exploitation.

« Pas dix poissons restés vivants ! »

Régis Thomas, l'exploitant, également propriétaire de deux autres piscicultures à Brasparts et Pleven, ne croit pas à un acte de malveillance. « Plutôt à de la bêtise. Je ne peux pas imaginer qu'on flingue impunément un kilomètre de cours d'eau et une pisciculture comme ça. » En tout cas, l'homme ne s'en remet pas. « Des pollutions, ça arrive. Mais de cette violence... Je suis pisciculteur depuis 1982, je n'avais jamais vu ça. Sur l'exploitation, il n'y a pas dix poissons restés vivants ! Dans la rivière, non plus. »

Ces truites arc-en-ciel, destinées à la vente dans des magasins bio, devaient être commercialisées en mars prochain. Régis Thomas chiffre son préjudice à 500 000 €. Son premier souci : remplacer ses 2 500 poissons reproducteurs bio, dont la ponte était imminente. « Impossible de racheter de la truitelle à d'autres collègues puisque je suis le seul à faire du bio. Nous allons devoir recommencer à zéro et redémarrer une période de reconversion. Deux années de travail foutues ! »

Yann-Armel HUET.
Ouest-France

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