Les agriculteurs Bio parlent de leur métier

Par bioalaune publié le
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A l’occasion des fêtes de l’agriculture(FA) organisées dans toutes les régions, les agriculteurs ont eu la parole pour mettre en avant leur métier. « Agriculteur, ce n’est pas seulement être sur le tracteur ou derrière les vaches, c’est très diversifié » explique Marie Mongin, animatrice des Jeunes agriculteurs de la Creuse.

Nourrir la population et entretenir des terres qui ne leur appartiennent pas, mais dont ils doivent prendre soin et respecter. Voilà un résumé du métier d’agriculteur. Aperçu qui ne montre pas, hélas, les facettes d’un métier pluridisciplinaire.

Les activités des agriculteurs Bio

L’exemple est donné avec Rachel Trépanier et Sébastien Dumais, propriétaires de La Chouette Lapone, une ferme maraîchère à Saint-Séverin en Charente. Saison estivale terminée, ce couple d’agriculteurs tourné vers le Bio ne chôme pas pour autant. Il entame à peine leur deuxième moitié de récoltes qui se terminera après les fêtes de fin d’année. Spécialistes des légumes Bio, ils cultivent une cinquantaine d’espèces différentes de fruits, légumes et fines herbes.

Afin de permettre aux clients d’apprécier les légumes régionaux, qui ont le bon goût du terroir, Rachel et Sébastien ont choisi de miser sur les paniers Bio. Chaque semaine, ceux-ci sont remplis d’une dizaine de légumes différents, frais et de saison. Allant des plus classiques (pomme de terre, carotte, salade) à d'autres, plus rares (chou-fleur romanesco, aubergine, cerise de terre). Les activités autres de la ferme sont l’animation en marché et la vente directe.

La démarche de certification

« On ne souhaite pas utiliser de pesticides pour cultiver nos légumes. D’autant plus qu’on travaille dans nos productions tous les jours, qu’on mange de nos récoltes nous aussi, on préférait y aller avec de l’agriculture biologique. C’est plus de prévention, mais ça se fait bien » explique Rachel, fier de son choix.

Pour devenir agriculteur de produit biologique, une norme est à suivre pour obtenir le label, une certaine démarche administrative est à respecter. Dans le cas de Rachel et Sébastien, même si le Bio demande beaucoup de zèle, c’est une décision réfléchie qu’ils ont prise depuis longtemps.

L’agricultrice explique que la certification demande une rigueur de suivi, qui aide à la gestion générale de la ferme. « On prend tellement de notes qu’au final, elles nous aident à mieux gérer notre entreprise ajoute Sébastien. Tout cela nous permet de connaitre les produits et quantités utilisés. »

L’objectif des agriculteurs sur les années à venir est d’embaucher, plus généralement d’agrandir l’entreprise en ramenant l’argent des villes vers les campagnes, pour des richesses mieux réparties.

Une image fausse pour l’agriculture

Le métier d’agriculteur souffre d’une mauvaise image. Isabelle, actuelle agricultrice Bio et ancienne Parisienne racontent : « là-bas (en Île-de-France), les gens ne s’imaginent pas ce que c’est, il ne voit l’agriculture qu’avec ces préjugés sur le monde agricole ».

Un travail de communication est indispensable. C’est d’ailleurs nécessaire pour la promotion du métier, car l’évolution du métier se caractérise aussi par le renouvellement des générations.

D’autres agriculteurs, pas forcément Bio, aiment parler de leur métier qu’ils estiment être stéréotypés. « L’agriculteur est souvent perçu comme un pollueur, mais ce n’est pas vrai, car en Creuse (et ailleurs), nous menons une agriculture raisonnée et propre. Nous avons un cahier des charges, et nous devons respecter les doses de fertilisations et de traitements phytosanitaires. On ne veut pas détruire la terre, il faut en prendre son, et nous devons l’entretenir. Regardez le paysage de nos campagnes, il est comme ceci grâce au travail des hommes, sans quoi, on serait envahis par les herbes » explique, lors de la fête de l’agriculture de la Creuse, Jean-Marie Colon, administrateur des Jeunes agriculteurs de canton de Pontarion et vice-secrétaire au niveau départemental.

Beaucoup d’agriculteurs ne sont pas Bio à 100%, mais procèdent à une agriculture durable. Il est intéressant de connaitre le point de vue de tous, comme celui de Pierre Moreau, un jeune agriculteur qui déclare : « sans parler du Bio pur, nous essayons d’être le plus proche possible de la nature, et de trouver un équilibre entre production et écologie. Nous avançons, doucement, mais sûrement ». Certes, tous les agriculteurs non Bio n’ont pas le même état d’esprit.

Beaucoup relèvent que les prix des produits n’augmentent pas assez, alors que les charges sont de plus en plus élevées. Elles le sont particulièrement pour les produits agricoles Bio dus aux démarches de certification qui impose des contrôles réguliers.

Qu'en pensez-vous ? Qu'est-ce qu'un agriculteur (Bio ou pas) selon vous ?

 

Rédaction : Stanislas Ausdereihe
Crédit photo : ponsulak

 

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