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Le 23/10/2012 à 17:00

La polémique sur les OGM est relancée

L’étude du professeur Séralini sur les OGM vient d’être mise en suspens par deux agences réglementaires. Un mois après la sortie des résultats d’une enquête-choc, le débat sur les OGM reprend, s’intensifie.

Des recherches scientifiques critiquées

Les données récupérées par les travaux de recherches du professeur Séralini sont jugées insuffisantes pour hisser une véritable conclusion sur l’effet néfaste d’une consommation régulière d’OGM.

En résumé, voilà la réponse donnée au professeur de Caen pour ses recherches sur les OGM. En réalité, c’est la toxicité des OGM et des pesticides qui est pointée du doigt. Les premiers résultats des recherches Séralini, sortis mi-septembre, avaient fait l’effet d’une bombe. Publiés le 19 septembre dernier, les organismes de contrôles ont pris un mois pour analyser les résultats d’enquête.

Les autorités scientifiques françaises critiquent les résultats de recherche et c’est l’Agence Nationale de sécurité sanitaire Alimentaire (Anses) qui contredit en premier l’étude en affirmant qu’elle n’a pas duré assez longtemps pour être significative : « la faiblesse centrale de l’étude réside dans le fait que les conclusions avancées par les auteurs sont insuffisamment soutenues par les données (qui) ne permettent pas d’établir scientifiquement un lien de cause à effet entre la consommation du maïs OGM et/ou de pesticide et les pathologies constatées ».

L’agence invite les scientifiques à réaliser des travaux à long terme, estimant que 2 années ne sont pas suffisantes pour valider une telle consommation.

La nouvelle a été appuyée par le Haut Conseil des biotechnologies (HCB). Selon le point de vue de ce dernier, il n’existe « pas de causalité entre les événements observés et la consommation de maïs NK603, traité ou non avec l’herbicide Roundup ».

Le professeur de biologie moléculaire de Caen se fait critiquer de toutes parts. Six académies nationales (agriculture, médecine, pharmacie, sciences, technologie et vétérinaire) ont publié un article similaire en total désaccord avec l’étude qui la qualifie de « non-événement scientifique », mis à mal par de nombreuses insuffisances, même si les académies admettent ne pas avoir organisé une expertise approfondie de l’étude.

Voilà les principaux éléments visés par les critiques :

  • La taille des échantillons pas assez importante
  • Le manque de clarté sur les repas
  • Le type de rats utilisés
  • La faiblesse des modèles statistiques

Des réactions face aux critiques

« Ce groupe d’experts convoqué en urgence, par on ne sait qui, on ne sait comment, dans une absence totale de transparence, ne peut pas prétendre incarner l’avis de l’ensemble du monde scientifique français » s’exclame Paul Deheuvels, statisticien membre de l’Académie des Sciences, dans une colonne du Nouvel Observateur.

De son côté, Gilles-Eric Séralini réagit : « qu’on décortique les études de Monsanto comme les miennes ! » De plus, il déclare : « l’Efsa a autorisé des maïs transgéniques sur la foi d’études avec 5 ou 6 rats, des travaux produits par l’industriel lui-même qui ne communique pas les données brutes de l’étude. » De plus, il déplore « qu’on arrête un peu de rigoler aujourd’hui et qu’on sorte des tiroirs les produits et les façons dont ils ont été évalués. Qu’on arrête de jouer à cache-cache. »

Les acteurs opposés aux OGM ont déjà fait parvenir aux premiers ministres et ministres concernés, une lettre pointant le fait que ces critiques « montrent toutes, encore plus de faiblesses que celles qui sont reprochées à l’étude de Séralini ».

Pour conclure, Corinne Lepage, députée européenne, avoue que « la carence des études préalables pose la question du fonctionnement des agences réglementaires comme l’Efsa. » Delphine Batho, ministre de l’écologie, ajoute que l’étude du professeur de Caen « a au moins un mérité : elle a mis en avant la nécessité de bouger ».

En vue des attaques et contre-attaques sur les OGM, il n'est pas évident de se faire un point de vue objectif sur la situation. Quel est le vôtre ?

 

Relisez notre article relatif à l’étude du professeur Séralini :
La confirmation est donnée sur l’aspect néfaste des OGM

Deuxième article lié :
OGM, comment les rayer de la carte

 

Réaction du professeur Séralini face aux critiques de son enquête sur les OGM

 

Rédaction Mathieu Doutreligne

 

2 Commentaire(s)

Les critiques portent principalement sur taille des cohortes de rats qui ne permet pas d’interpréter les données pour une exposition sur le long terme. La raison est que la souche de rats utilisée développe spontanément des tumeurs avec le vieillissement. Sur une étude de deux ans, « compte tenu de l’apparition spontanée de tumeurs sur cette souche de rats, il faut pouvoir avoir des lots d’animaux beaucoup plus importants », note l’Agence. Le Haut Conseil des Biotechnologies attribue d’ailleurs de vive voix les tumeurs observées dans cette étude au hasard dû au vieillissement. Natura Sciences s'est intéressé en profondeur aux raisons du rejet de cette étude et à la vision qu'ont les citoyens des experts scientifiques.

Portrait de adel

J'ai vu les souris avec leurs tumeurs...c'est horrible déjà à court terme.. qu'est-ce que ca va être à long terme !

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