Les aléas du Bio pendant la crise

Par bioalaune publié le
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Durant les douze derniers mois, le marché du Bio a progressé de 6.2%, seulement ! Ce chiffre fait suite à l’enquête du cabinet Symphony IRI. Jacques Dupré, directeur du cabinet-conseil, déclare : « Le Bio entre dans la crise ».

Après une longue période de progression à plus de 10% par ans, le Bio ralentit en France, tout en restant en hausse. Au plus fort de la crise en 2008, le Bio affichait une progression de 14%, l’année 2012 devrait être moins énergique. Selon Symphony IRI, la rupture est à la fois brutale et récente. Après une minime progression de 0.9% en juin, le marché du Bio à progresser de 3% en juillet puis 1,2% en août. Faut-il y voir une petite baisse de régime passagère ou un réel ralentissement retardé dû à la crise ?

Le directeur de l’agence essaie d’expliquer la situation en indiquant que le portefeuille des Français est de plus en plus serré. Plus que jamais, les prix sont analysés avant l’achat, or un écart moyen de 60% entre bio et conventionnel ne facilite pas la progression de la nourriture saine. « Jusqu’ici le marché des produits de grande consommation continuait de croître grâce à la vente de produits plus chers que par le passé (nouvelles recettes, nouveaux packaging). Ce n’est plus le cas depuis début 2012 » ajoute-t-il.

Malgré ce récent ralentissement, le Bio devrait bientôt retrouver toute sa gloire. C’est ce qu’affirme le directeur du cabinet, en indiquant que la baisse est « conjoncturelle, car le développement du bio est une tendance de fond, une tendance de long terme ».

Alors que le Bio ralentit, mais reste en augmentation, le conventionnel recule. En effet, l’Insee a informé que les dépenses générales liées à l’alimentation ont reculé de 0.1% en septembre.

Il faut rappeler que le Bio reste un marché d’avenir. Les grands groupes agroalimentaires (production et distribution) continuent leurs investissements. Le local prend également de plus en plus d’importance, car le consommateur donne de l’importance au contenu de son assiette, c’est-à-dire la qualité du produit et sa provenance. De plus, la consommation de produit bio augmente quand leur importation diminue, en effet l’importation est passée de 39% à 30% en une année. Quand le biologique ralenti, le made in France prend le relai avec une croissance à deux chiffres.

La directrice de l’agence Bio, Elisabeth Mercier, aime rappeler : « malgré un contexte difficile et une baisse générale de la consommation alimentaire, celle des produits bio a augmenté de plus de 5% et plus de 1.600 nouveaux opérateurs, producteurs et transformateurs sont passés au bio ».

Dans l’histoire, les vins mènent la danse. En seize ans, les vignes Bio ont été multipliées par douze. Elles représentent 7,4% des vignes fin 2011, soit 62 000 hectares. Dans une région comme le Languedoc Roussillon, deux tiers des vignes sont bio ou en court de conversion. En une année, les surfaces Bio dédiées à la viticulture ont augmenté de 38%. Cette hausse est en partie due à l’apparition de l’appellation « vin bio », faisant suite à l’appellation « issu de l’agriculture biologique ».

 

Rédaction : Sophie Kopacz

 

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