Dans 40 ans, la banquise pourrait avoir disparu

Par bioalaune publié le
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Plus de glace en 2050

La fonte de la banquise arctique est un phénomène naturel qui s’est accéléré depuis quelques dizaines d’années. D’ici à 2050, les glaces du pôle Nord pourraient tout simplement ne plus exister. L’annonce a été faite par Peter Wadhams, l’un des plus grands spécialistes dans ce domaine.

Ce scientifique britannique de l’Université de Cambridge mesure l’épaisseur de la glace depuis de nombreuses années grâce à des sous-marins qui parcourent le fond de l’océan Arctique. C’est l’un des premiers a avoir annoncé l’effondrement des glaces de mer au début du siècle.

En 2007, la banquise s’étendait sur 4,17 millions de km². Aujourd’hui, elle ne représente que 3,4 millions de km² et continue à diminuer au fil du temps. À ces chiffres, Peter Wadhams ajoute que la banquise a également perdu depuis 1980, près de 40% de son épaisseur. Son amincissement se fait de toutes parts.

Visionnez au quotidien l'évolution de la banquise sur le site Artic Sea Ice News & Analysis.

Une catastrophe mondiale dans 3 ans

Peter Wadhams annonce au quotidien britanique The Guardian une catastrophe mondiale dans 3 ans. Il explique : « du fait du réchauffement du climat, la fonte de la glace au cours de l’été dépasse sa reconstitution l’hiver. Au début, ce recul de la glace de mer se faisait à un rythme suggérant que la banquise tiendrait encore cinquante ans ou plus. Mais depuis quelques années, le recul s’est accéléré. On se dirige vers un effondrement, qui devrait survenir en 2015 ou 2016, et qui verra l’Arctique libre de glace durant les mois d’août et de septembre. C’est une catastrophe mondiale. »

De ce fait, il réclame des mesures rapides pour limiter au maximum le phénomène. Il ajoute que, peu importe les choix pris, le mal est déjà fait.

En 2007, soit il y a 5 ans, les estimations d'époques parlaient d’une absence de glace en Arctique prévue pour 2080. Que diront les scientifiques dans les années à venir ?

Même si la fonte des glaces n’a aucune influence sur la montée du niveau des océans (car celle-ci est due au fait que les eaux chaudes occupent plus de volume que les eaux froides), une disparition de la banquise aurait de lourdes conséquences pour la planète. En effet, on sait que sans glace au pôle Nord, la hausse des températures s’accentuerait tout en déréglant les courants océaniques et atmosphériques. Seuls les grands groupes pétroliers y voient un avantage : celui d’exploiter les gigantesques ressources naturelles que le Grand Nord possède.

La fin de l’ours blanc

Cette disparition des glaces pourrait également faire disparaitre l’ours blanc, symbole du pôle et du réchauffement climatique. Cet animal symbolique est très populaire auprès de grand public, mais reste mal connu.

L’espèce n’est pas en voie de disparition, mais « simplement » en danger. La diminution des glaces arctiques pourrait accélérer son déclin. Même si certaines vidéos ou images de braconnage d’ours ont fait le tour du monde sur les réseaux sociaux, c’est principalement la fonte des glaces qui est le plus inquiétant, car rend son alimentation plus complexe.

Pour sauver l’ours blanc, la seule solution reste de laisser intact son lieu de vie, c’est-à-dire de conserver les glaces qui composent l’Arctique.

Rédaction : Mathieu Doutreligne

 

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