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La biomasse pourrait bien relever le défi du siècle

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En 2013, le pétrole sert à faire fonctionner notre économie, en fournissant la grande majorité des carburants qui mettent le monde en mouvement. Trois pays dominent la production de l'or noir : l’Arabie Saoudite, la Russie et les États-Unis. Or la pénurie est relativement proche, ce n’est un secret pour personne. Dans cette ère de transition qu’il va falloir organiser, le défi du siècle revient à trouver un substitut au pétrole. Le végétal pourrait bien jouer ce rôle. La question est de savoir s’il en a réellement les capacités.

Alors que le prix du carburant est en constante augmentation, les alertes environnementales nous touchent tous les jours. L’objectif est de trouver un composant peu polluant, renouvelable, qui respecte l’environnement et qui soit accessible à un prix abordable. Tous les grands laboratoires académiques et industriels du monde se penchent sur la question. La solution la plus envisageable est l’utilisation de la biomasse.

De nombreux éléments naturels contiennent énormément de carbone : les algues, les arbres, les plantes. Ces matières possèdent de la cellulose, de l’amidon, de la lignine ou encore de l’huile végétale qui peuvent subir des transformations chimiques pour obtenir des éléments plus simples. Deux types de produits peuvent être créés : les biocarburants et les produits biosourcés (issu du végétal).

Dans le monde, de nombreuses terres agricoles possèdent déjà des finalités non alimentaires. Des dizaines de millions de litres de bioéthanol, isoglucose ou glutamate sont produits chaque année. Ces techniques de fabrication transforment la biomasse en carburant par l’intermédiaire de la chimie, dans le respect de l’environnement.

Cette biomasse s’avère être une solution alternative à la fois renouvelable et non polluante, à condition qu’elle soit bien utilisée. Le principal problème actuel lié à ces produits est le grignotage qu’ils engendrent sur les terres agricoles. Les cultures doivent conserver leur rôle principal d’alimentation. D’où la nécessité de développer un biocarburant de deuxième génération, plus efficace que le premier (ndlr c’est-à-dire l’actuel) en utilisant la même quantité de biomasses pour sa fabrication. Aujourd’hui, la plante n’est pas utilisée dans son entièreté et d’autres matériaux pourraient subir des transformations (comme les déchets organiques).

En plus d’être un défi pour l’environnement, ces nouveaux produits représentent un défi pour les chimistes qui doivent transformer des éléments en manipulant des protéines ou des sucres. C’est également toute l’industrie chimique qui doit se moderniser en devenant plus écologique. Cette transformation va prendre du temps, car même si certaines techniques sont au point en laboratoire, il faut penser à les optimiser pour des productions rentables à grande échelle.

À cause de la complexité qu’engendre la mise au point d’innovations, certes vertes, mais bel et bien chimiques, d’autres personnes prônent la biotechnologie blanche. Cette technique consiste à utiliser des micro-organismes ou enzymes pour modifier de la biomasse et créer des carburants. Quitte à revenir au naturel, autant s’y consacrer pleinement et s’armer de techniques que la nature utilise depuis des milliers d’années. Ces techniques, telle la mutagenèse dirigée, sont pour le moment à un stade expérimental, mais sont potentiellement révolutionnaires.

La période dans laquelle nous vivons est un challenge pour l’humanité au niveau énergétique. Les enjeux à venir sont primordiaux, d'autant plus que certaines limites sont atteintes. Il est donc nécessaire de consacrer toute son attention sur la question de la transition énergétique pour savoir si la biomasse peut relever le défi du siècle et remplacer le pétrole.

Rédaction : Mathieu Doutreligne

 

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