Pourquoi la nourriture va manquer et se raréfier

Par bioalaune publié le
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Demain, nous aurons peut-être tous faim. Suite au changement climatique, à des spéculations financières répétées et aux gaspillages généralisés, l’humanité va manquer de nourriture.

Selon l'ONU, près de 900 millions de personnes ont faim tous les jours dans le monde. Ce chiffre est encore plus attristant lorsque l’on sait que la moitié de la nourriture produite par les pays riches est gaspillée. Si l'homme moderne garde ses habitudes alimentaires actuelles, il sera impossible de nourrir les 9 milliards de bouches que comptera la terre d’ici à 2080. Et ce n’est pas tout.

Suivant la loi de l’offre et la demande, la nourriture fait l’objet de véritables spéculations, dues à la diminution des stocks mondiaux. Ce phénomène a pour conséquence l'envolée des prix. Food Price Watch a constaté une augmentation du prix du maïs et du blé de 25% entre septembre 2011 et septembre 2012. L’accès à une alimentation de base est de plus en plus difficile pour les populations les plus pauvres.

Parce que les températures montent et que le climat devient instable, les bonnes récoltes deviennent aléatoires. Les scientifiques sont unanimes pour dire que les catastrophes naturelles vont devenir de plus en plus fréquentes. Tornades, inondations et autres sécheresses vont devenir monnaie courante. En 2012, la grande sécheresse qui a touché les États-Unis a amputé les réserves céréalières américaines. Le FAO estime  que le pays posséderait en réserve, seulement 6.5% du maïs consommé annuellement. Ce chiffre est historiquement bas.

En plus du challenge lié à l’alimentation, la transition énergétique est l’un des grands défis du siècle. La biomasse représente actuellement l’une des meilleures alternatives au pétrole, cependant, mettre des céréales dans les moteurs a pour conséquence de diminuer les terres agricoles dédiées à l’alimentation des populations. Lorsque l’on constate que l’Afrique se met à booster son agriculture, mais que sa population a toujours du mal à se nourrir, on peut s’interroger sur le rôle fondamental de l’agriculture. Ces tendances restent toutefois à relativiser. Des estimations fixent à 5% le taux de céréales produit pour une utilisation non alimentaire. Moins de 2% serviraient à la production d’agrocarburants.

Les terres agricoles reculent également pour une autre raison : l’urbanisation. En France, les espaces dédiés à l'agriculture diminuent de jour en jour : le pays a perdu ces dernières années environ 90 000 hectares de terres agricoles par an, au profit de sols dédiés aux transports, à l'industrie ou à l'habitat. Cette réduction équivaut à une perte tous les 7 ans de la surface agricole d'un département. Certains pays sécurisent leur alimentation en achetant des terres à l’étranger. C’est ainsi que les pays asiatiques émergents (la Chine, pour ne pas citer) achètent des terres en Afrique ou en Amérique du Sud. L’agronome Marc Dumufier le déplore « on met en concurrence des gens équipés de tracteurs et de moissonneuses batteuses avec des gens qui travaillent à la main et sont donc contraints d’accepter les prix qui proviennent de l’exportation de nos surplus. C’est bien ça qui est la cause de la faim dans le monde ».

Le monde est en mouvement. Avec la hausse du pouvoir d’achat des pays émergents, le changement climatique et bien d'autres facteurs, la terre ne sera bientôt plus assez grande pour tous nous nourrir. Il est donc nécessaire de cerner le problème et trouver des solutions viables, afin que l'homme réinvente la façon de cultiver et de s'alimenter.

Rédaction : Mathieu Doutreligne

 

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