La chaleur des villes bouleverse l’environnement

Par bioalaune publié le
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C’est une affirmation qui tombe sous le sens : il fait plus chaud en ville qu’en campagne. Ce phénomène est dû à de nombreux facteurs. Ce n’est pas néfaste en soit, sauf lorsque l'on s’aperçoit que cette chaleur impacte l’environnement à des milliers de kilomètres à la ronde.

L’importante chaleur d'une ville vient de son activité importante et continue. Ce phénomène d’ilot de chaleur urbain est principalement lié à la déperdition de chaleur des bâtiments, aux consommations d’énergie et aux transports. Dans une ville comme Paris en pleine canicule, la hausse de températures attachée à sa vivacité est évaluée entre +4°C et +7°C. Lorsqu’il fait 35°C sous la Tour Eiffel, il pourrait faire 28°C si la ville était morte. Cela dit, plus on s’écarte du centre-ville, plus la différence s'estompe.

L’histoire ne n’arrête hélas pas aux centres-villes et à la proche banlieue. Selon une étude du 27 janvier publiée dans Nature Climate Change, cette chaleur urbaine prend de l’altitude, se mélange aux courants aériens et peut ainsi avoir une répercution sur des régions situées à des milliers de kilomètres. Ces augmentations rebondies pourraient être de l’ordre du degré dans certaines régions de l’hémisphère Nord. Guang Zhang, scientifique à l’institut d’océanographie en Californie et en charge du projet explique : « ce qui nous a vraiment surpris, c’est que cette consommation d’énergie était de faible quantité, mais pouvait pourtant avoir un impact important, loin de la source de chaleur. »

Selon l’étude, la hausse des températures provoquées par les villes serait variable en fonction des saisons, malgré une consommation urbaine d’énergie relativement stable. En période d’hiver et de printemps, le phénomène induit un réchauffement des zones éloignées, alors qu’en été et automne, il provoque un refroidissement à cause de la modification des courants atmosphériques. Au final, les deux phénomènes s’annulent et la température annuelle moyenne reste la même.

La consommation urbaine s’ajoute donc officiellement aux grands facteurs de la variation du climat, joignant les émissions de gaz à effet de serre, la déforestation, les aérosols et l’urbanisation. Information inquiétante lorsque d’après l’ONU, 60% de la population mondiale vivra en ville d’ici à 2030.

Rédaction : Mathieu Doutreilgne

 

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