Peut-on vivre sans pesticides ?

Par bioalaune publié le
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La vie sans pesticides est-elle possible ? La réponse est évidente pour certaines personnes qui militent corps et âme pour le développement de l’agriculture biologique, cependant il est intéressant de la poser pour comprendre pourquoi la transition vers le tout bio ne s’effectue pas aussi facilement qu’on pourrait le penser.

Même avec une agriculture bio en plein développement, il faut savoir que la France reste une très grande consommatrice de pesticides et produits chimiques en tout genre, malgré le fait que tout le monde connaisse les effets négatifs de l’utilisation de la chimie à outrance.

Les pesticides contaminent les eaux et les sols. Après plusieurs décennies d’engrais chimiques, d’insecticides et d’autres pesticides, l’environnement est dans un piteux état. La première conséquence visible de cette pollution est la médiocre qualité de l’eau contenue dans nos nappes phréatiques, qui nécessite un lourd traitement pour devenir buvable.

Gilles Huet, délégué général de l’association Eau et Rivières de Bretagne explique : « Nous n’avons pris conscience de la contamination des eaux par les pesticides qu’au début des années 1990, avec l’introduction des normes européennes sur l’eau potable. Les autorités régionales de santé ont alors contrôlé la qualité des eaux et ont trouvé des pesticides en quantité importante ». Le constat s’est fait il y a une vingtaine d’années, mais la pollution a commencé des décennies auparavant.

À la suite de cela, les premiers contrôles d’usages sont arrivés, qui n’ont toutefois jamais rétabli l’équilibre sanitaire. Pour certains militants, le cœur du problème n’a toujours pas été résolu, car l’ensemble des acteurs n’ont pas réduit significativement leurs utilisations. L’ensemble de la filière agro-alimentaire doit se mettre en mouvement.

Une étude de l’INRA de 2010 a montré qu’une réduction de 40% des pesticides diminue de 10% le rendement d’un agriculteur, tout en augmentant ses marges. On peut se passer de pesticides, l’important est de se fixer des objectifs pour ne pas échouer. Le plus difficile dans l’histoire étant de changer les habitudes de production d’une filière où les pratiques et les habitudes sont bien ancrées.

Rédaction : Mathieu Doutreligne

 

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