Un e-mail pèse 19g de CO2

Par bioalaune publié le
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On a souvent du mal à évaluer l’impact que peuvent avoir les nouvelles technologies sur l’environnement. A tort, on sous-estime le poids que peut avoir un simple e-mail, cependant il est loin d’être nul.

Le poids écologique d’un e-mail est évalué à 19g de CO2 selon l’Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie. Ce chiffre peut sembler faible, mais il prend toute son importance lorsqu’on connait la grande quantité de courriels envoyés dans le monde quotidiennement.

Ceux qui s’imaginent que l’envoi d’un e-mail, de par sa nature dématérialisée, est écologiquement neutre, tomberont des nues. Pour avoir un ordre d’idée de l’impact global des envois de courriers électroniques dans le monde, il faut multiplier ce chiffre par le nombre de messages postés. Chaque seconde, on estime à 5,9 millions le nombre d’emails envoyés (507 milliards par jour ndlr), les émissions de CO2 équivalentes donnent le tournis.

Envoyer un e-mail, surfer sur web, etc. Internet est polluant pour l’environnement dans la mesure où l’ensemble du système consomme de l’électricité et donc dégage de la chaleur. Ce sont la consommation des ordinateurs, des serveurs, le fonctionnement des data centers, la production des composants électroniques qui sont mis en cause. A elles seules, les technologies de l’information et de la communication (TIC) représentent 2% des émissions européennes de gaz à effet de serre.

Prenons l’exemple d’une entreprise de 100 personnes dans laquelle chaque salarié envoie en moyenne 33 e-mails par jours et en reçoit 58. Cette entreprise a un bilan écologique lourd : ses émissions de gaz à effet de serre liées à son trafic de courriers électroniques équivalent à 13.6 tonnes de CO2 par an, soit l’équivalent d’environ 100.000 km parcourus en voiture (2 fois et demie le tour de la Terre). Des solutions existent pour diminuer ce taux : réduire de 10% l’envoi de courriels incluant systématiquement son responsable et un de ses collègues au sein d’une entreprise de 100 personnes permet un gain d’environ 1 tonne équivalent CO2 sur l’année.

On a souvent tendance à penser qu’il est préférable pour l’environnement de stocker des documents en ligne ou de les sauvegarder sur des périphériques externes. Ces solutions sont moins énergivores que les impressions papier ou les transports par voies postales, mais elles ne sont pas inoffensives pour la planète. Le web est bel est bien pollueur. Vous réfléchirez à deux fois avant d’envoyer des e-mails à tout va, et à mettre vos centaines de photos de vacances sur Facebook ou Picasa.

Tous ces chiffres montrent bien qu’un geste simple et commun a un impact important s’il est réalisé plusieurs fois par des milliards d’utilisateurs.

Dans un monde parfait où la production d’énergie ne serait pas néfaste à l’environnement, où les énergies renouvelables seraient la référence unique, alors ce genre d’article n’existerait pas. Mais nous n’en sommes pas là, pas encore. Le but d’un tel article n’est bien évidemment pas de vous inciter à retourner à l’envoi de courriers traditionnels, mais à prendre conscience de l’impact écologique du web et à chercher des solutions pour réduire la pollution induite.

Rédaction : Mathieu Doutreligne

 

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