La face cachée des produits bon marché

Par bioalaune publié le
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Les produits bon marché ont une face cachée qui, indirectement, coûte très cher à l’homme et à l’environnement.

La course à la compétitivité dans l’alimentation amène à des scandales. L’affaire de la viande de cheval le révèle clairement en montrant que certains groupes agro-alimentaires trompent le consommateur sur la marchandise en ne respectant pas scrupuleusement l’étiquette sur laquelle ils s’engagent.

A qui la faute ? Et si ceux qu’il fallait pointer du doigt n’étaient pas les industriels mais les consommateurs ? D'un certain point de vue, les professionnels de l’industrie agroalimentaire ne font que proposer des produits à l’achat, certes ils analysent avec attention les habitudes de consommation, mais personne n’est dans l’obligation d’un acte d’achat sur un produit plutôt qu'un autre.

Le consommateur lambda à tendance à chercher principalement des prix bas. Cette démarche du toujours moins cher peut paraitre logique dans un monde occidental où la nourriture industrielle est reine, où les ingrédients sont parfois suspects, où les agriculteurs polluent leur environnement généralement sans le savoir. Il faut l’admettre, ce grand capharnaüm dans lequel nous vivons est difficile à comprendre. Bien souvent, les normes ne sont pas respectées pour vendre à moindre coût et conquérir des parts de marché supplémentaires. La course à la compétitivité est rude, l’insatiabilité humaine est grande.

Pour manger de la nourriture de bonne qualité, certaines choses sont à savoir. Vous devez vous fier aux circuits courts et aux produits labélisés dont le bio fait partie. Les produits les moins chers, dépourvus de label, peuvent présenter des risques pour le consommateur. Ces risques sont relatifs aux agriculteurs et aux cultures, toutes les marques ne sont pas concernées. En plus de cela, les produits peu chers coûtent très chers à la société, en sécurité sociale pour ceux qui apportent toutes sortes de maladies ou en épuration des eaux pour les produits arrosés de pesticides. Le surplus financier de ces produits low-cost est indirect, il arrive par nos impôts. A méditer.

Les agriculteurs doivent convertir leurs terres pour des cultures plus respectueuses. Les pouvoirs politiques ont la possibilité d’inciter cette conversion par un verdissement de la PAC. Cependant, dans une Europe à 27 où les pays évoluent à des vitesses différentes, les démarches sont longues et sinueuses. Avec ces problématiques, l’agroécologie fait des adeptes. Technique agricole qui intensifie les ressources naturelles par des voies biologiques, l’agroécologie est résumée par l’agriculture biologique en France. Elle possède l’avantage d’être reconnue par un logo et une certification, tout en rémunérant convenablement les agriculteurs qui sont incités à valoriser la qualité.

Selon Marc Dufumier, agronome proche de Nicolas Hulot et membre de l’association think-tank, la meilleure solution « c’est plutôt une agriculture artisanale qui associe céréales et élevage, qui limite l’emploi des pesticides, qui exige plus de travail humain. Pour cela, il faut que l’agriculteur soit mieux rémunéré et que les couches modestes de la population aient accès à des produits de grande qualité. »

Et vous, quel type de produits achetez-vous ?

Rédaction : Mathieu Doutreligne

 

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